Ève Bonin : entremetteuse culturelle

8 avril 2012Alexandre Demers
Catégorie :Culture

Embarquons, voulez-vous, pour un court voyage dans le temps. Nous sommes en septembre 2010. Omaterra vient tout juste de se déverser sur scène l’été précédent. Charles Lavoie n’est pas encore reconnu pour ses troubles de sommeil. Et à CFLX, le matin, vous pouvez vous réveiller au son de la voix d’Ève Bonin. À plusieurs reprises, ce nom m’avait été suggéré lorsque je cherchais un parrain pour me guider et même me conseiller lors de la création de mon magazine culturel. Voilà qu’un soir, au Loubards, lors de l’enregistrement de l’émission « Art d’œuvres » animée par Sylvie Bergeron, je croise ladite Ève Bonin.

Revenons en 2012. Depuis le début de cette année, je me pointe à la Petite Boîte Noire pour assister à une émission de radio. Pour ceux qui l’ignoraient, on y trouve un coquet petit studio de radio, parfait pour enregistrer une émission qui sera diffusée sur les « internets » et, par la suite, en mp3 ou en baladodiffusion. Coquet, puisque le décor somptueux de la salle de spectacle s’y trouve toujours, et qu’il y a amplement de place pour un petit public sympathique et rieur, ou pour installer des musiciens qui joueront en direct durant l’émission. C’est ça, « Station Sherbrooke », la nouvelle émission qu’Ève anime chaque semaine grâce aux bons soins de Jacques-Philippe Lemieux-Leblanc, son gars du son et le responsable de la salle. Le but de l’émission? Faire connaitre les artistes du coin, présenter la culture sous divers angles et, bien sûr, produire un talk-show digne des plus grand(e)s animateurs/trices du Québec.

Comment, justement, peut-on produire un talk-show dans un univers où l’on est bombardé de communications à tout moment de la journée. Où peut-on y trouver satisfaction? « Ce qui m’inspire en animation, me dit-elle, c’est la capacité d’entrer en communication avec l’invité, d’avoir une VRAIE conversation et de pas juste énumérer mes questions et cocher à mesure. Comme ça les invités sont à l’aise, et à la fin les auditeurs ont eu réponse à leurs questions sans même s’en rendre compte » Cette inspiration, elle la tient de plusieurs animatrices : « Bazzo pour sa capacité d’attraper la balle et de faire parler l’invité là où il ne s’y attendait pas, Christiane Charrette pour son côté spontané et convivial, Catherine Pogonat, je l’aime aussi parce qu’on a l’impression qu’elle fait partie de la gang, un peu comme Monique Giroux d’ailleurs… Toutes les deux sont clairement du bord des artistes. »

Je constate qu’effectivement, lorsque j’arrive à l’émission pour présenter ma douteuse chronique sur les préjugés, les autres chroniqueurs, les invités et moi, on s’y sent bien. Ève, notre électron libre de la culture estrienne, fait en sorte que ses invités se mettent à l’aise dans le studio et puissent rester pour assister, rire, applaudir, ou claquer des doigts. Cette émission, ce n’est que la pointe de l’iceberg de son implication. Encore récemment, elle s’impliquait au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Pendant plus de 2 ans, elle animait des émissions à la radio communautaire CFLX. Je vous épargnerai la liste complète des évènements qu’elle a co-organisés ou animés, comme le 3e anniversaire de la microbrasserie le Boquébière, ou ce fameux party d’Halloween de 2010 où les danseurs Élise Legrand et Simon Durocher-Gosselin nous ont tous effrayés avec leurs créatures sur échasses. Sans compter un travail de relations de presse ici et là.

Comme vous avez pu vous en douter, la musique prend une place prépondérante dans la carrière et la vie d’Ève. Dès son adolescence, elle jouait de la musique dans sa chambre, bien avant de s’inscrire au cégep en musique. Durant les années qui suivirent, elle a participé aux harmonies, puis joué dans un stage band. Aujourd’hui, après un très long moment d’absence, elle retourne sur scène comme bassiste au sein du groupe Union General. Étrangement, la fameuse soirée de septembre 2010 au Loubards marquait aussi la première rencontre entre Ève et Stéphane Messier, le chanteur du groupe, qui venait tout juste de présenter sa formation en ondes.

Depuis ce soir-là où Ève et moi nous sommes découvert une passion commune pour David Bowie, je n’ai jamais manqué de suivre la montée fulgurante de cette jeune femme au sein du monde culturel sherbrookois. Voilà le portrait d’une femme surprenante, et d’une amie unique.


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