Les Six Brumes, maison d’édition centricoise et estrienne : Une voix pour les littératures de l’imaginaire

8 avril 2012Gabrielle Gagnon
Catégories :Culture | Littérature

La culture de l’imaginaire occupe un espace grandissant au Québec depuis les années 80. Différents médiums artistiques et littéraires ont permis, tant à la science-fiction qu’à l’horreur, au merveilleux qu’au fantastique, de retrouver d’une certaine manière leurs lettres de noblesse.

Si les diffuseurs de l’imaginaire les plus puissants demeurent américains et européens, le milieu de l’édition québécoise se démarque de plus en plus, et les titres qu’il propose sont de plus en plus nombreux. C’est dans cette foulée que s’inscrit Les Six Brumes, une jeune maison d’édition centricoise et estrienne, dont le nom évoque le mystère et l’immatérialité.

Basées à la fois à Drummondville et à Sherbrooke, et bénéficiant d’une antenne à Montréal, Les Six Brumes a été fondée en 2001 par Jonathan Reynolds et Marki Saint-Germain, deux férus de la littérature de l’imaginaire, alors étudiants en création littéraire à l’UQAM. Ils souhaitaient permettre aux nouveaux auteurs de talent des littératures de l’imaginaire qui ne parvenaient pas à être publiés de se faire connaître. Aujourd’hui, Les Six Brumes compte plus d’une vingtaine de titres à son actif, des nouvelles et des romans originaux, qui proviennent d’auteurs québécois, canadiens et internationaux.

Questionné sur l’engouement du lectorat pour le genre, Guillaume Houle, directeur des publications et coéditeur, croit que, bien que la réalité soit remplie de possibilités, les littératures de l’imaginaire facilitent souvent notre accession à celles-ci. Elles nous permettent d’incarner nos démons et de vivre nos fantasmes, positifs ou négatifs : « Il s’agit, en quelque sorte, d’un presto qui nous permet de vider un trop plein d’émotions, de vivre une existence dangereuse et d’en ressortir vivant ».

« Les littératures de l’imaginaire débouchent souvent sur des rêves qui sont pour le moment impossibles, et dont certains le seront peut-être toujours. Elles apportent aussi l’espoir de pouvoir améliorer les choses, quelle que soit la situation à laquelle est confrontée la société, en accrochant des idéaux moraux à des actions justes, mais difficiles. »

En 2006, la jeune maison d’édition a vu l’un de ses titres récompensé, alors qu’Alégracia et le serpent d’argent, roman de Dominic Bellavance, a remporté un prix Aurora, décerné par l’Association canadienne de la science-fiction et du fantastique. En outre, Les Six Brumes devenait la première maison d’édition agréée du Centre-du-Québec en juin 2010. Cette reconnaissance lui permet, entre autres choses, de déposer des demandes de subvention auprès de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) afin de bénéficier d’un soutien financier. À court et moyen terme, la maison d’édition vise à développer une collection de nouvelles électroniques à très faible coût. Elle envisage également de systématiser le préfinancement de ses publications, afin d’accélérer la parution de nouveautés.

Actuellement, les publications des Six Brumes sont distribuées par la société Prologue, le plus important diffuseur-distributeur indépendant des grands groupes d’édition francophone au Québec et au Canada. Il est aussi possible de commander les ouvrages directement en ligne sur le site Web des Six Brumes, à www.sixbrumes.com. La prochaine publication, Noir Azur, un roman de science-fiction post-apocalyptique signé Dave Côté, devrait d’ailleurs paraître dès novembre 2011.


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