Sherbrooke Ville en transition : Peut-on se libérer de notre dépendance au pétrole?

8 avril 2012Gédéon Verreault
Catégories :Économie | Environnement

Le mouvement Villes en transition est originaire du Royaume-Uni. Il est né en réponse aux deux plus grandes crises auxquelles font actuellement face l’humanité, soit les changements climatiques et le pic pétrolier. On a beaucoup parlé de la première, mais on commence seulement à parler de la seconde.

En quelques mots, cette crise nous vient de notre dépendance à une ressource épuisable, le pétrole. Notre dépendance va commencer à être un réel problème non pas le jour où il n’y aura plus de pétrole, mais bien le jour où la production de pétrole ne pourra plus suivre la demande. Ce sera alors la fin du pétrole à bas prix. La date prévue de cette situation varie selon les organisations, entre 2010 et 2030, mais elle devrait arriver réalistement entre 2010 et 2020, ou pour ainsi dire demain.

Dépendance au pétrole et conséquences du pic pétrolier

Tout notre système économique est basé sur cette énergie abordable. Elle est la source des plastiques qui sont omniprésents. Mais surtout, elle est l’énergie de prédilection pour le transport. Un secteur en particulier est très dépendant du pétrole : l’agriculture. La production industrielle des aliments utilise des quantités énormes de pétrole, pour la production des engrais chimiques, pour la propulsion des tracteurs et pour le transport à travers le monde. Quand le prix du pétrole commencera à augmenter rapidement, c’est le prix de tout ce que nous consommons qui va augmenter, en plus de celui de l’essence. Certains expliquent déjà la crise économique récente par l’augmentation du prix du pétrole au milieu des années 2000. Les consommateurs américains surendettés devant mettre plus d’argent dans l’essence ont eu plus de difficulté à payer leurs hypothèques, ce qui expliquerait l’augmentation des défauts de paiement et la crise des papiers commerciaux adossés à des actifs à l’origine de la crise financière.

Solution technologique ou citoyenne?

Alors, quelle est la solution à ce problème? Des énergies alternatives à bas prix permettant de continuer à faire rouler l’économie? Des découvertes technologiques permettant de propulser les véhicules à faible coût? Ces solutions qui permettraient le statu quo n’existent pas pour l’instant et passent à côté de l’essentiel ; nous sommes en face d’un problème social qui doit trouver sa solution dans une nouvelle organisation sociale et économique. Pour le mouvement Villes en Transition, la crise est vue comme une opportunité de reconstruire nos communautés sur des bases plus respectueuses de l’environnement, mais surtout plus respectueuses de l’être humain. Et cela passe par l’implication des individus dans leur communauté. Villes en Transition propose une démarche de mobilisation citoyenne permettant de dynamiser les projets existants et de permettre l’éclosion de nouveaux projets. Des exemples : favoriser l’agriculture urbaine, les paysages comestibles, le transport actif et en commun, l’implantation d’une monnaie locale, l’implication des jeunes et des moins jeunes… Elle mise sur l’implication des citoyen(ne)s, mais aussi des groupes et des élus municipaux. C’est un mouvement qui vous intéresse? Restez alerte! Plusieurs activités d’information et de mobilisation sont prévues cet automne.

L’auteur fait partie de Sherbrooke Ville en Transition.


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