Un feu d’artifice au centre-ville

4 novembre 2012Michaël Prince
Catégories :Culture | Opinion

Le 25 mars dernier, à l’auditorium St-Charles, se déroula la pièce de théâtre Plume d’écorce de la troupe Artifice. Faisant salle comble, avec plus de 260 spectateurs, l’audacieux projet de théâtre amateur fut une réussite. Ce «théâtre social» est un nouveau phénomène que nous offre le centre-ville de Sherbrooke depuis les trois dernières années.

Cette 3e édition fut une somme de courts sketchs, d’interprétations musicales et de slams. Presque toutes les pièces furent composées par les membres de la troupe, leur donnant ainsi la chance d’exprimer d’une façon artistique leur philosophie profonde. Dans une riche gamme d’émotions, passant des rires jusqu’aux pleurs, la troupe nous amena toujours à la réflexion. La sagesse dévoilée sur scène était un miroir sur notre société et tous les spectateurs purent y trouver leurs reflets.

Remontons aux origines

L’initiative du théâtre social fut lancée en 2008, par Stéphanie Grenier, travailleuse de rue du centre-ville, qui est venue répondre au désir de son entourage de faire du théâtre. Le groupe embryonnaire ainsi formé se rencontra chaque semaine durant 6 mois, suivant des ateliers utiles à l’expression de soi sur scène et pratiquant la pièce choisie collectivement. Il y eut entre 8 et 10 personnes la première année, entre 10 et 12 la deuxième, et cette troisième année reçue entre 25 et 30 participants! Cette croissance du mouvement témoigne du plaisir qu’ont les membres à prendre part à l’évènement.

En plus des comédiens, une grande équipe de bénévoles viennent aider aux formations, à la technique, aux décorations, aux costumes, à la musique et à tous les côtés nécessaires à la pièce.

Des témoignages

Il y a plusieurs raisons qui motivent les gens à prendre part à l’évènement. Pour Christopher, c’est un moyen de développer la confiance en soi. « Avant, lorsque je devais faire mes répliques, j’étais comme tout pogné. Maintenant, je peux le faire tout seul, je sais mon texte par coeur. J’ai appris à parler et à bouger sur scène», nous explique-t-il. Pour Norah-Kim, c’est se lancer un défi. «Je suis une fille gênée. Je veux pousser mes limites et retrouver mon côté créatif. J’ai même écris un poème qu’on va exprimer en pièce de théâtre» nous confie-t-elle. Pour Maryse, c’est le simple plaisir de voir du monde et d’incarner des personnages. «Ce n’est pas gênant, c’est juste drôle!».

Alexandra, tant qu’à elle, trouve une bonne occasion de partager son talent musical à un large public. Et Alexandre s’est découvert une nouvelle passion pour le théâtre et sautera sur toutes les prochaines opportunités qui lui seront offertes. Il nous confie: «Toutes les occasions sont bonnes pour apprendre. Mieux vaut vivre des expériences et tirer une leçon de ses échecs, que de ne rien faire. Le plus beau dans tout ça, ce n’est pas la pièce finale, mais le cheminement auquel on passe au travers.»

À l’unanimité, les participants aiment l’ambiance de la communauté. Dans ce grand mélange de milieux sociaux, le théâtre offre la chance d’élargir son réseau de contacts et de tisser de bonnes amitiés qui se maintiennent dans le temps. Comme nous explique Christopher: «Je ne connaissais personne au début. Mais, on ne se sent pas jugé, on est tous au même niveau. On crée des liens, on se donne des trucs et on s’amuse!»

La troupe Artifice devrait, nous confie Stéphanie Grenier qui flotte encore sur le nuage de la réussite de cette 3e édition, se poursuivre de plus bel l’année prochaine.

Dans cette lignée du théâtre social, il faut également mentionner le projet TERRE (Théâtre Étude Réseaux Ressources Emploi]. Leur 4e cohorte, pièce intitulée L’île, fut présentée pour la première fois le 14 janvier 2010 au théâtre Léonard St-Laurent, à Sherbrooke, et fut composée par dix-neuf femmes immigrantes et femmes d’ici dans le cadre de la Résidence théâtrale de création du Théâtre des petites lanternes.

L’auteur fait partie du Centré de médias indépendants de Sherbrooke.


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