Lettre ouverte | Le catalogue des stéréotypes

21 mai 2013Anonyme
Catégorie :Lettre ouverte

J’aimerais, par cette lettre, dénoncer les images véhiculées dans le catalogue Printemps-Été 2013 du magasin Simons. Si j’ai décidé de faire entendre ma voix, c’est parce que les images m’ont profondément choquée. Je trouvais que celles-ci, loin de correspondre à la réalité, correspondaient à un idéal stéréotypé touchant les gens de diverses manières.
Certains pourront dire que je suis une féministe, une chialeuse, etc. D’autres me diront « merci ». Je le fais autant pour moi que pour l’ensemble des gens.

Vivant un trouble alimentaire, ayant côtoyé des gens souffrants et ayant à cœur les problématiques sociales, je crois qu’il est de mon devoir de militer pour une société meilleure où chaque personne a sa place.
Or, je ne crois pas que le catalogue de Simons valorise la diversité. En fait, les images présentées sont très jolies, elles font même envie et c’est cela la fatalité. Pour ma part, j’ai trouvé les images des femmes et des hommes stéréotypées, représentant un idéal peu atteignable : la jeunesse, une minceur exagérée, des hommes découpés au couteau, etc. Certaines images présentant des filles, la bouche entrouverte, pouvaient être provocantes et presque dignes de se retrouver dans un magazine plus osé!

Suis-je trop vieux jeu?
Non, je ne le crois pas. Je suis simplement bien éveillée à ce fléau qui ne fait que trop de tort. Ça n’atteint pas tout le monde de la même façon, mais cela forge dans l’imaginaire collectif des repères à atteindre. Des jeunes filles tentent de maigrir à un très jeune âge. Les jeunes hommes s’entraînent pour développer des muscles. À un niveau individuel, cela peut entraîner les gens vers diverses pathologies : troubles du comportement alimentaire, maladies physiques, etc. Il serait aussi possible de dire que les valeurs deviennent de plus en plus superficielles, de moins en moins tolérantes. Avoir un peu de graisse est devenu le nouveau fléau. On se fout que la personne soit heureuse, on l’associe souvent à un manque de volonté, de contrôle, ce qui est assez dégradant selon moi.

Ça me fait peur, ça me fait mal. J’aimerais pouvoir voir des hommes et des femmes de diverses proportions dans les magazines. J’aimerais pouvoir m’identifier à un autre modèle que celui présenté dans le catalogue Simons. J’aimerais que les enfants voient cette diversité afin qu’ils puissent l’accepter plus facilement très tôt dans l’enfance. Cela pourrait peut-être favoriser qu’il y ait une diminution de l’intimidation à l’école.
Les publicitaires ont un grand pouvoir dans la société. Je leur demande du fond du cœur d’utiliser ce pouvoir pour favoriser un mieux-vivre en société.

Merci!


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