Les marques du passage de la tournée de Destination 2030 en Estrie

6 juin 2013Mylène Clavreul

C’est en Estrie qu’une équipe du Secrétariat à la jeunesse (SAJ) s’est posée le lundi 27 mai 2013 pour la deuxième journée de la tournée de consultation régionale Destination 2030. « Pauline Marois lance les travaux de la nouvelle politique jeunesse du Québec », nous disait le communiqué. On présente Destination 2030 comme un vaste exercice de consultation auprès de la jeunesse québécoise, une démarche participative unique qui sera menée d’une manière tout à fait nouvelle dans la conception des politiques publiques.

Pour M. Léo Bureau-Blouin, adjoint parlementaire de la première ministre pour les dossiers jeunesses et président de la tournée de consultation, l’objectif de la démarche consiste à faire face au déclin de la population active ainsi qu’aux multiples changements qui en découleront d’ici 2030. Pourquoi 2030? Parce qu’il y aurait renversement de la pyramide démographique, alors que le groupe des 65 ans et plus connaîtrait une accélération marquée de sa croissance.

Un aperçu de la tournée en Estrie

En début de journée, l’équipe du SAJ s’est entretenue avec des membres de la Jeune Chambre de commerce de Sherbrooke. Les activités suivantes étaient organisées en collaboration avec le Forum Jeunesse Estrie (FJE). Ainsi, un atelier de discussion était prévu avec les participants (es) de Jeunes en action et d’Alternatives à la suspension au Carrefour Jeunesse-Emploi de Memphrémagog. Puis, l’équipe de consultation s’est rendue à la Polyvalente Louis-Saint-Laurent à East Angus pour en apprendre sur le projet en vigueur Cité-école et pour questionner les élèves de secondaire 4 et 5 autour des six thématiques de Destination 2030. Finalement, la tournée en Estrie s’est terminée par un atelier de discussion avec des représentants (es) d’organismes jeunesse de l’Estrie et par un bref échange entre les membres du FJE et du SAJ.

« Laisse ta marque », devise de Destination 2030. Où commence et où s’arrête l’écoute de la jeunesse?

Il ne s’agissait que de la deuxième journée de consultation du SAJ. On jugera de l’écho qu’auront trouvé les voix des jeunes et des représentants (es) de la jeunesse lors du dépôt du prochain plan d’action jeunesse du gouvernement. Or, pour le moment, on constate que les jeunes rencontrés en Estrie fondent leurs espoirs dans des changements ambitieux, qui mettent à l’épreuve la volonté et le courage des personnes décideuses. Ces jeunes demandent notamment que soient revues la place et la forme données aux cours « classiques » dans l’enseignement. Ils désirent une diminution considérable des cours magistraux et de la théorie, davantage de projets interactifs, davantage de contacts avec le « monde concret », une diversification des cheminements offerts et une meilleure accessibilité à ces cheminements. Ces jeunes réclament aussi une municipalité qui bouge, avec des lieux de rassemblement et des activités qui leur sont destinées, avec plus de possibilités pour le déplacement, ainsi que des opportunités d’emplois diversifiés.

Qui plus est, les représentants (es) d’organismes jeunesse laissent comprendre qu’ils n’entendent pas à être déçus. Ainsi, la directrice générale de la Conférence régionale des élus de l’Estrie invite le SAJ à réellement suivre les avis donnés par les jeunes et les organismes qui les représentent : on doit faire confiance aux gens qui vivent ce milieu de la jeunesse, on peut changer les choses en sortant des paradigmes déjà établis.

À cet effet, le coordonnateur de la Maison des jeunes Azimut Nord appelle à ce que cesse le discours utilitariste de la place des jeunes par rapport à l’emploi. Selon lui, la question de la place humaine des jeunes doit guider vigoureusement l’élaboration de la prochaine stratégie jeunesse.

Voici que le discours, dans lequel s’inscrit la consultation, influence le cadre des discussions ainsi que les positions qui y sont défendues. Lors de cette journée de consultation en Estrie, pourquoi a-t-on si peu introduit de questions sur la vision qu’ont les jeunes de la citoyenneté et du mode de vie qu’ils envisagent? Comment reçoivent-ils ce qu’on leur présente comme du travail, du travail, et encore du travail? D’ailleurs, pour reprendre la question du président de l’association étudiante des cycles supérieurs à l’Université de Sherbrooke, de quel travail est-il question, du travail pour tous les goûts? Enfin, si les positions défendues par les jeunes ou les organismes qui les représentent dépassent les paradigmes établis, marqueront-elles le cadre d’action jeunesse du gouvernement?

Site web :

destination2030.gouv.qc.ca


Partager cet article
Commentaires