Les troubles alimentaires, plus que jamais actuels…

16 septembre 2013Jeane-Èva Dupuis
Catégorie :Santé

Calories, compulsion, angoisse, crises, peur, détresse et épuisement, voilà des mots qui peuvent faire partie du vocabulaire d’une personne souffrant de troubles du comportement alimentaire. En effet, l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont des troubles de santé mentale très souffrants. Ceux-ci présentent d’ailleurs le plus haut taux de mortalité parmi tous les problèmes de santé mentale. L’Institut national de la nutrition affirme que 10 à 15 % des personnes souffrant d’anorexie ou de boulimie en meurent. Ce sont des troubles de santé mentale sérieux et complexes qui peuvent se décrire comme une phobie de prendre du poids et, souvent, une perception erronée de l’image de soi.

Anorexie

C’est sans doute le trouble du comportement alimentaire le plus connu de tous. Le DSM-IV décrit l’anorexie comme étant un désordre psychologique qui se reconnaît par le refus catégorique de maintenir un poids minimum normal pour son âge et sa taille. La personne utilise donc la restriction alimentaire afin de perdre du poids. Cette restriction excessive de l’apport alimentaire amène parfois les personnes anorexiques à consommer une très grande quantité d’aliments en un court laps de temps, dans la honte et la culpabilité. C’est ce qu’on appelle une compulsion alimentaire, plus souvent associée à la boulimie. La personne anorexique vit aussi une peur marquée de prendre du poids, et ce, même si son poids est inférieur à la normale. Cette peur l’amène à adopter des comportements comme l’exercice physique intensif, la prise de médicaments « coupe-faim », l’utilisation de laxatifs et une multitude d’autres moyens.

Selon le DSM-IV, l’anorexie se caractérise aussi par une altération de la perception du poids ou de la forme de son corps et par l’influence excessive du poids ou de la forme de son corps sur son estime personnelle. En fait, la personne fonde son estime personnelle sur son poids. Il va donc sans dire que lorsque celui-ci se retrouve au-dessus de ses attentes, la personne vit des sentiments de culpabilité et même de dégoût de soi-même. On dit que l’anorexie affecterait environ 3% des filles et des femmes québécoises âgées entre 13 et 30 ans, ce qui représenterait 30 000 personnes atteintes d’anorexie seulement au Québec… Même si les femmes sont plus nombreuses à en souffrir, les hommes ne sont pas en reste : pour dix femmes qui souffrent d’anorexie, un homme en souffre aussi. Il est toutefois important de mentionner que malheureusement, les valeurs de notre société actuelle font qu’il peut être difficile pour un homme de demander de l’aide. Les statistiques sur les hommes souffrant de troubles du comportement alimentaire pourraient possiblement en être affectées.

Boulimie

La boulimie se caractérise par des périodes de jeûne alimentaire, toujours dans l’optique d’une perte de poids, suivies de compulsions alimentaires, aussi appelées frénésies alimentaires. Pendant ces périodes, la personne peut consommer une très grande quantité de nourriture de façon incontrôlée en vivant des sentiments de honte, de culpabilité et de dégoût de soi. Étant donné ces sentiments, ces épisodes sont habituellement suivis de purges provoquées comme le vomissement, la prise de laxatifs et de médicaments « coupe-faim », les jeûnes et l’exercice excessif. Les personnes boulimiques, qui rencontrent en alternance des épisodes de frénésies alimentaires et de purges et des épisodes restrictifs, vivent souvent des fluctuations de poids. La même phobie de prendre du poids que connaissent les personnes anorexiques est présente chez les personnes boulimiques.

Hyperphagie boulimique

Peu connue, l’hyperphagie boulimique se caractérise par des épisodes de compulsions alimentaires, pendant lesquels la personne ingère une très grande quantité d’aliments, en vivant un sentiment de perte de maîtrise de soi et de perte de contrôle. Toutefois, contrairement à la boulimie, ces épisodes ne seront pas suivis de comportements compensatoires comme le vomissement, la prise de laxatifs, etc. Les mêmes sentiments de honte, de dégoût de soi et de culpabilité sont ressentis par la personne hyperphagique. On dit que de 30 à 50% des gens obèses souffriraient d’hyperphagie.

Vous vous sentez concerné ? Vous croyez que vous ou quelqu’un de votre entourage pourriez souffrir d’un trouble du comportement alimentaire ? Appelez-nous au 819 564-7785, ou présentez-vous au 6, rue Wellington Sud, bureau 204, pour plus d’informations.

L’auteure est intervenante pour l’organisme Arrimage Estrie.


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