Club Photo de Sherbrooke, de la photo d’un autre œil!

3 février 2014Fanie Lebrun
Catégorie :Culture

Connaissez-vous un photographe dans l’âme ou avec un gène asiatique dans le sang qui prend des tonnes de photos ? Qui vous entretient de tel aspect ou détail technique nouveau sur le marché pendant des heures ? Le remède à cela, le Club Photo de Sherbrooke (CPS), un organisme culturel à but non lucratif fêtant ses 35 ans, qui est tout prêt à l’accueillir !

Selon Francine Ostiguy, présidente du CPS,  « de plus en plus de jeunes photographes viennent au Club attirés par la photo numérique. Un débutant, en ayant accès aux ateliers (le samedi), va constater à quel point les photographes plus expérimentés ont beaucoup de créativité. Ils peaufineront leur art en avançant tranquillement. »

Êtes-vous photographe ?

D’après Daniel Côté il y a différents types de photographes : « il y a ceux qui auront fait leur cours professionnel avec beaucoup de techniques et qui malgré cela ne gagnent pas leur vie en tant que photographes professionnels. D’autres sont d’excellents photographes qui ont cumulé des années d’expérience par la pratique. »

On ajoute les autodidactes qui feront selon lui « des photos absolument incroyables avec le sens de la composition dans le sang, qui vont explorer et aller chercher plus des connaissances pour mieux gérer leur lumière, l’exposition et apprendre à mieux manipuler leur appareil.  Donc, ce n’est pas un expert qui va tout maîtriser mais avec les notions de base, il va l’appliquer en étant conscient de ce qu’il fait, par exemple de la composition de l’image, de son éclairage, etc. »

Voilà une belle passion commune qui rassemble et à force de croiser des amis membres, Daniel Côté s’est dit « Hey moi j’aimerais ça être dans le Club aussi ». « Si on rejoint un Club de photo, c’est pour partager la passion, d’aller chercher des connaissances et d’échanger lors des conférenciers, des ateliers du samedi de flash externe, photo panoramique et plusieurs autres – réservés aux membres », explique-t-il.

Concours

Il y a plusieurs concours par année, où 4 juges, dont un juge résident et 3 invités, y vont de commentaires constructifs sur chaque photo, tels que de suggestions sur le cadrage, la prise de vue, le vignettage et même le respect de la règle des tiers pour attirer l’attention sur le sujet. Révélant l’image sous un autre angle et sur l’emphase que cela aurait apporté. En gardant en tête ces informations cela va teinter les prises de photos à venir. Selon Daniel Côté cela permet de s’améliorer en étant à la fois compétitif pour se surpasser et très humble pour recevoir les commentaires.

Se dépasser reste un objectif perpétuel qui se renouvelle par la créativité qui se décrit, selon Francine Ostiguy, comme « l’art de toujours aller plus loin. C’est facile de prendre un appareil et prendre une photo. Mais c’est aussi d’essayer de trouver un angle ou une façon de traiter le sujet de façon personnelle ce qui permet que de reconnaître des photographes quand ils exposent de par leur originalité, leur griffe. L’autre part de la créativité est de donner une couleur personnelle parce que chacun a son style », affirme-t-elle.

Force est de constater à quel point il y a une richesse au niveau de l’expérience dans ce Club Photo et tout cela pour seulement 60 $ par année (voir autres tarifs étudiants et non-résidents). L’accès au labo traditionnel et numérique pour développer de très grands formats en collaboration avec Sporobole est un bon moyen d’expérimenter de nouvelles techniques.

Ce n’est pas parce que vous êtes au début de votre apprentissage que vous n’êtes pas photographe puisque « vous ne faites pas une photo seulement avec une caméra, vous apportez à l’acte de la photographie, vous apportez toutes les images que vous avez vues, tous les livres que vous avez lus, la musique que vous avez entendue et es gens que vous avez aimés. » (Ansel Adams)

 

Prise dans le bois Beckett, une des premières faite avec intérêt lors des premiers cours et l’achat d’un reflex numérique. La meilleure réussite technique de cette image, c’est la profondeur de champ. Autrement dit : utiliser une grande ouverture pour limiter la profondeur de champ, et ainsi obtenir des arbres flous et un banc net (au focus) – même flous, on sait que ce sont des arbres avec de la neige – Par contre, notre regard est attiré par le banc parce que c’est le point de focus – très net. Si tous les éléments avaient été au focus, à ce moment-là le banc se serait perdu dans le décor. Notre regard se serait promené partout dans l’image sans trouver de points de repère. Dans une photo, entre autres, il peut y avoir un repère qui attire l’œil ou des lignes qui vont diriger le regard. Dans le cas présent, il y a ce beau banc que j’aurais aimé cadrer plus grand mais il y avait des éléments gênants autour et j’ai dû resserrer le cadrage. Si l’on veut reproduire cet effet, la vitesse ne changera rien, c’est d’avoir l’ouverture avec le plus petit chiffre possible (petit chiffre = grande ouverture). Plus l’ouverture sera grande, plus tout ce qui s’éloigne de notre point de focus deviendra de plus en plus flou.

 

Dans le cadre du concours « Émotions humaines », j’ai fait un peu de mise en scène avec montage de base, flash cobra et fausses larmes lubrifiantes. Par contre, pour ce qui est du reste c’est d’utiliser des méthodes, par exemple de suggérer des pensées tristes. J’ai visé dans le mille. Ce fut un one shot deal, dès qu’il y a eu le clic c’était fini, le fils ne voulait plus collaborer ! Au résultat final, j’ai rogné autour du visage en retranchant ma fille qui criait en arrière-plan. Le traitement de la photo a accentué le contraste pour faire ressortir les traits d’un enfant à la peau douce où les émotions se font moins visibles, faisant ressortir les traits qui nous font vivre l’émotion, qui nous la font sentir. En plus du regard, on sent la petite moue et le front…. Disons que le défi a relevé davantage de la direction artistique que technique.


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