La petite histoire du maïs soufflé

9 décembre 2015Jean-Benoît Baron
Catégorie :Cinéma

Lorsqu’on pense au cinéma, la première image qui nous vient en tête est souvent le pop-corn. La petite confiserie de forme nuageuse fait maintenant partie des décors de salles obscures et elle est souvent critiquée par les cinéphiles. Souvent associé aux films de divertissement à grand budget, sans fondement intellectuel, le maïs soufflé est malgré tout emblématique de l’univers cinématographique.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’existe qu’une seule sorte de maïs pouvant produire du pop-corn, c’est ce qu’on appelle le maïs éclaté, d’où son nom anglophone, pop-corn. On ne connaît pas exactement l’origine précise du pop-corn, mais la plupart des recherches s’entendent pour dire que c’est lors de l’arrivée des premiers explorateurs que les premières nations auraient initié l’homme blanc au maïs. Le produit devient rapidement populaire et le mot entre dans le dictionnaire des américanismes en 1848.

La première machine à pop-corn est inventée près d’une quarantaine d’années plus tard et elle est ambulante. C’est donc dans les rues d’abord que le pop-corn fait son apparition, mais il n’est pas consommé au théâtre et encore moins au cinéma. Les salles de cinéma avaient des réserves face au pop-corn, craignant d’abîmer leurs moquettes et tapis. À l’époque des films muets, le mâchouillement de la petite confiserie pouvait évidemment déranger, une raison de plus de ne pas en avoir. Malgré tout, les cinéphiles en emmenaient à l’intérieur, illégalement.

Parallèlement aux vendeurs ambulants, le pop-corn fait son entrée chez les épiciers, en 1896, avec la marque Cracker Jack. Ce pop-corn caramélisé, avec ses surprises cachées à l’intérieur de la boîte, devient rapidement très populaire. C’est lors de la Grande Dépression, en 1929, que le maïs soufflé va finalement faire son entrée dans les salles obscures, de par son prix peu élevé. Vers le milieu des années 30, les salles de cinéma vont finalement réaliser les profits qu’ils peuvent faire en fabriquant et en commercialisant eux-mêmes le pop-corn. C’est à l’arrivée des années 50 que l’industrie du pop-corn s’affaisse, dû à l’arrivée des télévisions dans les foyers modernes, où les gens préfèrent consommer leur gâterie préférée devant les films présentés. C’est grâce à l’invention du four à micro-ondes que le pop-corn va connaître une nouvelle vie dans les années 70, alors que les industries inventent du pop-corn à faire cuire chez soi, comme au cinéma.

Malgré les hauts et les bas que le pop-corn a connus, il demeure malgré tout présent dans les salles de cinéma. Depuis quelques années, avec la popularité des casse-croûte haut de gamme, on voit de plus en plus les menus des cinémas se diversifier avec des tacos, nachos, burgers, hot-dogs, pizzas, cocktails, etc. On n’a qu’à penser à la fameuse salle VIP, du cinéma Odéon du quartier Dix-30 de Brossard, réservée aux 18 ans et plus pour cause de vente d’alcool.

C’est bien beau l’Amérique du Nord, mais que mange-t-on dans le reste du monde? Au Japon, les amateurs de cinéma consomment des sardines séchées appelées iwashi senbei. En Amérique du Sud, plus particulièrement en Colombie, ce sont les fourmis grillées qui sont l’attraction populaire des cinémas. Pour ce qui est de la Russie, c’est le caviar de béluga qui est primé par-dessus tout. De taille généreuse, le caviar de béluga est très dispendieux et ajouté à un peu de vodka, ce qui en fait un mets très apprécié. Si vous visitez la Barbade, en mer des Caraïbes, ce sont des boules de poissons frits que vous allez manger en regardant votre film préféré. Si vous recherchez quelque chose de plus santé, vous pourrez toujours apprécier de la viande séchée de renne en Norvège. Parfait pour le temps des fêtes!

Même si certaines personnes voudraient bien le voir disparaître pour son taux élevé de gras et de sel, le pop-corn occupe encore une place importante dans les salles de cinéma. La majorité des revenus des cinémas est générée par la vente en comptoir de cet aliment. Sans pop-corn, la plupart des salles de cinéma n’existeraient tout simplement pas. Alors bonne dégustation, mais de grâce, tâchez de ne pas trop faire de bruit.


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