Ce vélo qui continue de conquérir le monde!

5 octobre 2016Temzi Hamid
Catégorie :Vélo

Longtemps considéré comme un moyen de locomotion essentiel pour les prolétaires; accessoirement un passe-temps dominical,à l’origine,pour les plus nantis, le vélo, après de nombreuses conquêtes, continue son bonhomme de chemin et gagne de plus en plus l’estime des gens un peu partout dans le monde. Histoire d’un engouement pour ce vélocipède, alias «la petite reine».

L’épopée de cette belle création nous ne laisse en tout cas pas indifférents! Aussi, il faut rendre grâce au baron allemand Karl Drais von Sauerbronn qui le premier eut l’idée de concevoir en 1817 la «machine à courir» ou la draisienne. Mais la conception réelle et confirmée d’un deux roues de type bicyclette est rendue possible par le Français Alexandre Mercier, en 1843.

D’autres améliorations furent apportées plus tard, notamment l’annexion d’un frein, la garniture de roues en caoutchouc dur. Mais grâce à l’invention du pneumatique et de la chambre à air, la bicyclette devient alors plus confortable et sécuritaire. La version préfigurée du vélo moderne était née!

Découverte du monde et émancipation

À partir des années 1890, les grandes marques françaises comme Peugeot, Manufrance, Mercier rendirent accessibles à la grande masse des ouvriers le prix du vélo. Ce dernier, de moyen de loisir qu’il était, deviendra vite un engin utilitaire. L’intérêt fut d’autant plus important qu’on parla alors de véritable évolution sociale.

Par ailleurs, l’organisation des tours du monde allait rendre encore plus populaire l’usage du vélo, notamment grâce à Thomas Stevens et Annie Londonderry, les premiers cyclistes à effectuer de longs périples à travers le monde.

L’histoire nous apprend également que pour la femme, il n’a pas été toujours facile de conduire un vélo en ces temps-là, car la bigoterie régnante l’acceptait mal et stigmatisait celles qui osaient le faire. Mais, malgré tout, la gent féminine doit beaucoup à ce vélo, vu qu’il contribua relativement à la rendre un peu plus autonome et émancipée.

Accélérateurs du cyclisme de masse

La formule vélo libre-service (VSL), par exemple le BIXI à Montréal, est le moyen le plus simple pour louer un vélo et circuler en milieu urbain. Elle nous permet d’accommoder notre périple selon les lieux à découvrir. Enfin cerise sur le gâteau, elle invite ses usagers à développer une conscience écologique en joignant l’utile à l’agréable.

Épisodes ayant marqué le concept VSL

L’ancêtre du VLS ou plutôt sa préfiguration est apparue en 1965 à Amsterdam, lorsque le mouvement écologique et anarchiste Provo avait offert gratuitement ses fameux vélos blancs. L’expérience fut un échec, car désavouée par les autorités et minée par les vols.

En 1976, La Rochelle, une ville de France, proposa la première ce concept de VSL avec ses vélos jaunes.

Plus tard, la ville de Copenhague, la capitale du Danemark, reprit le même concept avec le Bycyklen comprenant un parc de 2500 vélos, lesquels disparurent par la suite. L’expérience fut tentée de nouveau en 2014, mais en dotant les vélos de GPS.

L’expérience du VSL fut aussi initiée en Amérique du Nord en 1994, à Portland, en Oregon, sans grand succès toutefois.

Toutes ces tentatives infructueuses n’ont pas sonné pour autant l’hallali pour ce concept. Au contraire!

Les revers passés oubliés, le lancement en 2009 à Montréal du fameux BIXI s’avéra payant, au point de qualifier l’énorme réussite de mini révolution allant jusqu’à encourager d’autres métropoles dans le monde à lui emboîter le pas.

Actuellement et à l’échelle planétaire, le système en libre-service, c’est 712 villes dans 50 pays, cumulant 806000 vélos et plus de 37500 stations. Rien que pour cela, Montréal et aussi les autres régions du Québec devraient tirer fierté pour y avoir grandement contribué.

Porteur de valeurs écologiques et sociales, connu comme étant un moyen de transport moins polluant et considéré comme un facteur de développement touristique efficace, moins encombrant, économe en énergie, le vélo a décidément bien hérité!

De l’engouement universel de plus en plus grandissant qu’il suscite, on imagine mal, un jour, l’arrêt brutal de cette déferlante.


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