Non au projet de loi 70

Catégories :Lettre ouverte | Pauvreté

La Coalition régionale estrienne de l’aide sociale s’est rendue au CLE et au bureau du député et ministre Luc Fortin pour des actions dérangeantes visant à dénoncer l’adoption du projet de loi 70 le 9 novembre dernier du ministre François Blais qui fait preuve d’intransigeance, de mépris, de despotisme et d’arrogance envers une partie importante de la population qui s’était largement exprimée sur cet odieux projet de loi au printemps dernier.

Ce projet de loi a fait l’objet de consultation publique, d’une commission parlementaire, de dépôt de nombreux mémoires et des dénonciations publiques par des recherchistes, des universitaires, des groupes communautaires, des syndicats, du Protecteur du citoyen, de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, etc. qui ont mis en garde le gouvernement concernant l’obligation de parcours et les pénalités imposées qui sont contenus dans l’article de la loi le plus controversée, soit le programme “Objectif emploi”

Tout le Québec devrait avoir honte de ce gouvernement qui appauvrira des centaines, voire des milliers de prestataires. Nous le répétons depuis 1 an, 623$ par mois, ça ne se coupe pas ! 623$ par mois, c’est déjà tellement insuffisant que ça ne permet même pas de couvrir la moitié des besoins de base. Couper un chèque de base de 623$ à 399$ est injuste, irresponsable et aura des conséquences dramatiques telles que l’augmentation de l’itinérance, de la violence. Qui pourra payer un logement, se nourrir, s’habiller, se soigner. C’est indécent de retenir le seul revenu dont dispose une personne; c’est une atteinte grave aux droits humains.

Malgré la grogne suscitée, le gouvernement va de l’avant. Encore une fois, nos voix n’ont pas été entendues et nous démontre le manque d’humanisme d’un gouvernement, qui d’une main donne des cadeaux de toutes sortes (subvention et dons importants à des entreprises) d’ailleurs la dernière mise à jour économique en est la preuve flagrante, et de l’autre main, prend dans la poche des plus démuniEs.

Un gouvernement qui engendre lui-même tous les préjugés défavorables envers les personnes assistées sociales qui DOIVENT travailler. «C’est leur responsabilité !» ont martelé les différents ministres de l’Emploi et la Solidarité sociale à maintes reprisessans jamais parler de leur capacité, de leur aptitude, de leur habilité, de leur qualification, de leur intérêt et des emplois disponibles qu’elles pourront combler. Une main-d’œuvre servile, docile et jetable qui pourra combler des postes temporaires, de piètres qualités, dans des conditions pénibles, sans aucune vision à long terme pour permettre d’accéder et de conserver un emploi de QUALITÉ, DÉCENT ET DURABLE.

D’une main, une calculatrice pour comptabiliser les économies réalisées et dans l’autre main, un bâton pour mettre au pas. Voilà une attitude inacceptable de la part d’un gouvernement qui nous a laissé croire que nos voix allaient être entendues et qui a adopté unanimement «la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et la pauvreté».

Quelle incohérence de la part de ce gouvernement libéral qui a adopté le projet de loi 70 jeudi dernier et qui a affirmé dimanche au congrès du parti libéral, lutter contre les inégalités sociales.

La Coalition régionale estrienne est composée de: Geneviève Bouchard d’Action Plus; Manon Brunelle d’Illusion-Emploi de l’Estrie; Alain Roy, de l’Association des locataires de Sherbrooke; Line Marcoux du Collectif estrien pour un Québec sans pauvreté et Jimmy Forgues de Solidarité Populaire Estrie.


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