Les caisses de l’État ne sont pas vides pour tout le monde

20 juin 2017Éric Bourquin

«Nous avons des marges importantes qui nous permettent de faire face à de telles éventualités», Carlos Léitao, ministre des «hautes» Finances du Québec, dans Le Devoir du 19 avril 2017

Devinette: à quoi ces marges (financières) sont-elles destinées?

Peut-être à …

  • augmenter le salaire minimum de manière substantielle et décente?
  • venir en aide aux plus démunis qui sont sur l’aide sociale ou sans emploi?
  • aider les organismes communautaires à sortir du trou financier dans lequel les gouvernements successifs (péquistes et libéraux) les ont plongés?
  • réparer les dégâts causés par le saccage des services publics au nom de l’austérité?
  • investir dans des énergies renouvelables au service des citoyennes et citoyens, avec leur participation active?

Si vous pensez à ces quelques «éventualités», eh bien, vous êtes complètement à côté de la plaque!

Léitao parle en fait de cadeaux que son gouvernement s’apprête à consentir aux pétrolières et gazières qui ont investi des «peanuts»; 310000$ de redevances de 2009 à 2013, à raison d’un gigantesque 10$ le kilomètre carré. Ces dernières ont évalué à plus de 200 millions la valeur des «richesses» naturelles enfouies sur l’Île d’Anticosti, et c’est cette modeste somme qu’elles réclament au gouvernement pour bris de contrat signé en 2014 avec l’administration de Mme Marois.

Sans parler des insignifiants frais d’avocats du gouvernement (300000$ chacun), il n’y a pas lieu de s’inquiéter de la «capacité de payer des contribuables» que l’on a tenté de nous faire rentrer dans le crâne toutes ces dernières années, afin que l’on accepte de faire des «sacrifices» et de se serrer la ceinture.

Et bien sûr, il serait immoral d’aller chercher de l’argent dans les poches des dirigeants des grandes corporations, comme Bombardier, SNC-Lavallin, entre autres…

Une suggestion cependant, si nous tenons à mettre fin à ce système de dilapidation des fonds publics, de dépossession, de favoritisme et de destruction de notre milieu de vie, il est plus que temps de solidariser les luttes pour la justice sociale, les libertés fondamentales et la sauvegarde d’un environnement sain dont nous dépendons tous pour vivre.

Car en face, ce sont les mêmes qui bafouent nos droits démocratiques, qui nous dépouillent et nous polluent.


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