Hollywood fécondé

3 août 2017Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

Ce n’est plus un secret pour personne, lorsqu’un film à méga-budget a un certain succès, la grosse machine hollywoodienne trouve toujours de bonnes excuses pour étirer la sauce et engendrer d’autres films. L’une des techniques utilisées est d’enfanter leurs principaux personnages.

Pensons au film Le Roi Lion 2, avec la fille de Simba et Nala (c’était quoi son nom déjà?) qui eux-mêmes sont les enfants de Mufasa et Sarabi. Prenons comme exemple le fils de Rick O’Connell dans les aventures de La Momie, avec Brendan Fraser ou encore le fils de Will Turner dans le dernier Pirates des Caraïbes ou bien la fille de Wolverine dans Logan. Il y a même le téléfilm Descendants de Disney qui porte exclusivement sur les enfants de leurs célèbres personnages comme La Belle et la Bête, Aladdin, La Belle au bois dormant, Les 101 Dalmatiens et j’en passe. Ce même téléfilm vient tout juste de produire une suite.

Est-ce un problème en soi que nos héros fictifs aient des enfants? Je ne crois pas. J’imagine qu’il y a un public quelque part qui peut s’intéresser au fait que Simplet, de Blanche-Neige a pu donner naissance à un fils comme Doug, mais c’est une tendance qui revient trop souvent selon moi.

Une autre question m’apparaît évidente. Supposons que ce n’est pas l’argent qui motive les scénaristes à créer des descendants à certains personnages, quel est le but alors? L’attachement qu’on leur porte? Vous voulez rire? Lorsque nous aimons un personnage, qu’il soit virtuel ou réel, c’est majoritairement pour sa personnalité. Les enfants des personnages principaux du cinéma ont rarement le charisme et la magie que dégagent leurs parents. Je me fous du destin d’Henry Turner, personnifié par Brenton Thwaites du dernier opus de l’interminable saga Pirates des Caraïbes. Le beau sourire de Thwaites n’arrivera jamais à la cheville d’Orlando Bloom, qui campe son père dans la franchise. Non seulement ces personnages ne sont trop souvent que de pâles copies de leurs parents, ils n’ont aucun intérêt pour la plupart des cinéphiles. Je n’ai aucune inquiétude pour Kiara (tiens, ça vient de me revenir!) qui s’est aventuré loin de Timon et Pumba, dans Le Roi Lion 2 et qui fait la rencontre de Kovu, qui est (surprise!) le fils de Zira, une servante que Scar a enfantée (j’imagine), dans le précédent film.

Ce qui est encore plus frustrant, c’est qu’Hollywood se fiche même de toute vraisemblance dans certains récits. Au niveau de l’âge par exemple. Pour ce qui est du fils de Rick O’Connell dans La Momie: La tombe de l’Empereur Dragon, l’acteur Luke Ford n’a que 13 ans de différence avec Brendan Fraser. Même constat pour le cas de Thwaites/Bloom. Les deux acteurs ont seulement 12 ans de différence dans la vie. Il est vrai que l’âge réel des acteurs n’a que peu d’importance au cinéma avec la magie du maquillage et des effets spéciaux, mais dans ces deux cas, la magie n’opère pas du tout et ils n’ont rien à voir avec un duo père/fils crédible.

Je suis peut-être rabat-joie avec le fait qu’Hollywood agrandisse les familles de nos personnages fictifs. Je devrais plutôt m’asseoir devant l’écran et passer un bon moment. Je devrais peut-être avaler mon maïs soufflé, comme une pilule contraceptive et me dire que c’est peut-être quelque chose qui n’existe pas dans certains univers cinématographiques. Ces histoires ne font jamais mention si certains enfants étaient des accidents. Wolverine a peut-être brisé son condom par erreur avec une de ses lames. Elles ne font jamais mention non plus si des ITSS ont été contractés. Cela expliquerait peut-être la peau remplie de coquillages de Will Turner. Elles ne disent pas non plus si des fausses-couches ou d’autres types de problèmes sont survenus. Peut-être que Kiara avait un frère, mais que Nala l’a mangé parce qu’elle n’a pas reconnu son odeur.

Tant de questions sans réponses. Au fond, je devrais m’inspirer du Roi Lion et me dire que tout ça finalement, ce n’est que le cycle de la vie!


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