Demande de consultation publique sur la gratuité intelligente

8 septembre 2017comité pour la gratuité du transport en commun

Quoi qu’en dise le président de la Société de transport de Sherbrooke, le problème de mobilité à Sherbrooke, comme ailleurs dans le monde, ne va pas se régler magiquement avec une billétique à carte à puces. La gratuité du transport en commun n’est pas non plus une solution magique! Cependant, c’est un bien meilleur outil. Pour réussir, le gros du travail, c’est de se responsabiliser. Et ne pas lâcher. Nous avons toute une population à rééduquer!

Êtes-vous seulement capable de reconnaître que nous avons un problème de mobilité? Du fait que nous avançons beaucoup trop lentement vers une mobilité durable. La STS cherche, présentement, une firme pour tenter de diagnostiquer le problème. Un peu comme en 2008, quand ils ont pondu le plan de mobilité durable et qu’ils ont ameuté tout le monde pour trouver un plan qui fonctionne, la STS s’entête à trouver une solution en oubliant volontairement d’inclure la gratuité du transport en commun.

En laissant entendre que la gratuité va nous déresponsabiliser sur le coût que ça coûte, la STS nous refuse la reconnaissance du droit à la mobilité durable et le plaisir d’amener cette solidarité si utile à l’atteinte de cette durabilité. Or, il y a un coût à ne pas adopter la gratuité, tant en privation sociale, en coût de santé, qu’en pertes environnementales et économiques. Et il est temps qu’on se responsabilise face à celui-ci.

Le maire de Sherbrooke a toujours dit que la gratuité du transport en commun n’est pas envisageable parce qu’à Sherbrooke, c’est au dessus de nos moyens! Est-ce que vous vous rendez compte de la quantité de projets d’urbanisme présentement en cours (la route 143, la Wellington Sud, le développement du boisé Belvédère, la rue King Ouest, etc.)? Tout ces projets sont pensés en fonction d’un nombre très important de voitures sur nos routes!

Gens de Sherbrooke, les projections de mobilité ne doivent-elles pas intégrer nos objectifs de mobilité durable? En vérité, depuis l’adoption du plan de mobilité durable en 2012, rien ne permet de croire qu’une tendance à la réduction des déplacements automobiles s’est installée à Sherbrooke. Mais cet échec veut-il dire qu’on abandonne la mobilité durable? Vous préférez attendre que le gouvernements nous oblige, avec une loi cadre, comme il l’a fait pour la gestion des matières résiduelles? Quoi qu’il en soit, d’ici 2025, l’atteinte d’une mobilité durable est centrale au succès de notre ville, tant au niveau économique qu’environnemental et social. Notre conseil municipal se prépare à engager des millions de fonds publics dans des projets d’urbanisme qui ne sont même pas adaptés à la mobilité qui devrait prévaloir dans huit ans! La Ville ne doit elle pas, d’abord, inverser la tendance en mettant en place des mesures appropriées? Avons-nous vraiment les moyens de faire autrement et d’attendre plus longtemps?

D’autant plus que nous avons une sérieuse proposition qui a été élaborée afin de relancer ce projet auquel plus personne ne semble croire. Elle exige une collaboration de nos différentes instances institutionnelles, syndicales et économiques. Le comité pour la gratuité du transport en commun propose diverses solutions pour amoindrir l’augmentation de la taxe foncière nécessaire au financement de la gratuité. Ce plan nécessite une augmentation de la taxe foncière, en début de projet, de seulement 4%. Pour la suite, nous proposons un financement participatif avec la création d’un Fonds Vert qui interpelle l’ensemble des partenaires socio-économique de la Ville. Si une gratuité intelligente est possible et envisageable, n’est-il pas de notre devoir de veiller à ce que la lumière soit faite en permettant qu’un dialogue se fasse? Pour toutes ces raisons, et cela n’est pas une question, nous vous prions d’exiger la tenue d’une consultation publique au sujet de la gratuité intelligente.


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