L’innocence du rire

13 octobre 2017Evelyne Papillon et Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

Innocent, c’est le nouveau film de Marc-André Lavoie, le même qui nous avait offert dans l’ordre : Bluff, Y’en aura pas de facile et Hot-Dog. Encore une fois, le réalisateur nous revient avec son comédien fétiche, Emmanuel Bilodeau. Il est accompagné à l’écran par les talentueux Réal Bossé, Sandrine Bisson, Pascale Bussières, Dorothée Berryman et David La Haye.

C’est une comédie dramatique dans la structure d’un film choral, voire même à sketchs, qui raconte l’histoire d’un homme un peu naïf, campé par Emmanuel Bilodeau qui, pendant un entretien, nous raconte les nombreuses péripéties rocambolesques qui l’ont mené jusque-là.

Comme pour Bluff, le nouveau long-métrage de Marc-Andrée Lavoie est financé avec presque rien, sans l’aide des institutions financières et arrive malgré tout à convaincre. Le film surprend. En effet, on s’étonne de rire devant des situations aussi dramatiques qu’une tentative de suicide. On le sait, l’humour, c’est avant tout une question de timing, puis au cinéma, c’est le montage qui est au service du rire. Le montage est réussi dans ce cas, car on rit beaucoup dans Innocent.

Emmanuel Bilodeau nous fait rire par son côté bonasse, simplet et plein de bonne volonté. Les comédiens qui l’accompagnent à l’écran sont aussi divertissants, comme ce David La Haye qui campe un personnage de criminel dans toute sa pilosité splendide. Que dire également de Sandrine Bisson qui joue des sœurs jumelles en mode deux pour un.

Dans Innocent, on aborde des thèmes comme la soif de l’argent et les préjugés, mais on ne va pas plus loin dans la réflexion, préférant demeurer dans le divertissement. D’ailleurs, bien que ce film nous plonge dans l’humour constant, il aurait été profitable qu’une couche dramatique soit de la partie. Nous y arrivons presque à la toute fin, mais le réalisateur a plutôt opté pour une finale des plus surprenantes, venant crever le quatrième mur. Mention spéciale également à Ian Kelly, qui signe la chanson thème du film.

Le long métrage de 88 minutes nous fait passer un bon moment. La comédie, ce n’est pas facile, c’est un art en soi et Marc-André Lavoie est passé maître dans ce registre. Si Innocent arrive à nous faire rire autant, c’est aussi grâce à son interprète de talent, Emmanuel Bilodeau. D’ailleurs, Entrée Libre a eu la chance de s’entretenir avec lui au sujet du film.

Entrevue avec Emmanuel Bilodeau par Evelyne Papillon

Le charme d’Emmanuel Bilodeau avait déjà opéré pour moi à l’époque du Sketch Show, ainsi que dans Bluff et plus récemment dans sa carrière d’humoriste. Comme le film Innocent est une réalisation de Marc-André Lavoie et que c’est le quatrième projet sur lequel ils travaillent en commun, je me suis demandé la raison de cette fidélité professionnelle.

[Emmanuel Bilodeau] J’ai toujours trouvé Marc-André très convaincant. C’est un bon conteur qui sait captiver. Il crée des situations tendues et cocasses. De plus, il n’attend pas d’avoir l’appui des institutions pour réaliser ses projets. Enfin, ses projets se font rapidement, ce qui ne me demande pas un trop gros engagement.

En visionnant le film, j’ai eu l’impression qu’il y avait beaucoup de votre type d’humour dans le personnage, qu’en dites-vous?

[EB]  Les répliques étaient écrites, mais elles étaient un indicateur, j’en ai donc rajouté et à la fin on ne sait plus quelle était la réplique et quelle était ma contribution.

Que diriez-vous aux gens qui souhaiteraient voir le film?

[EB] C’est un film divertissant, intrigant et palpitant dont on sort avec le sourire. Le mot qui revient lorsqu’on me parle du film, c’est étonnant.


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