Tarifs d’Hydro-Québec: décevant

23 avril 2018Association coopérative d'économie familiale de l'Estrie

Le 1er avril, les tarifs d’électricité ont augmenté de 0,3% pour tous les clients d’Hydro-Québec, exception faite des grands clients industriels, comme toujours, choyés par Hydro-Québec, qui ont eu droit à un gel de tarif.

Cette décision de la Régie de l’énergie confirme la lente, mais implacable, érosion de l’interfinancement, c’est-à-dire la disparition du traitement favorable en matière de fixation des tarifs dont profitaient historiquement les familles québécoises depuis la nationalisation de l’électricité.

«Les ménages, incluant les plus pauvres, payent la croissance des coûts de desserte des grandes entreprises. Il est stupéfiant qu’un tribunal administratif puisse, petit à petit, déchirer le Pacte social sous-jacent à la nationalisation de l’électricité, alors que cette grave décision devrait être prise démocratiquement», dénonce Viviane de Tilly, analyste à l’Union des consommateurs.

Trêve hivernale: décevant silence

L’Union des consommateurs, dont est membre l’ACEF Estrie (Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie) avait demandé à la Régie de prolonger la trêve hivernale au cours de laquelle Hydro-Québec ne peut débrancher les clients qui ont des factures impayées. «Le silence de la Régie sur le sujet nous déçoit», indique Sylvie Bonin, coordonnatrice de l’ACEF Estrie.

Selon l’actuelle loi, Hydro-Québec ne peut interrompre le service d’électricité durant 4 mois, soit du 1er décembre au 31 mars. Lorsqu’on sait qu’à Montréal, on compte en moyenne, en novembre, 19 jours avec une température inférieure à 0 °C (et 13 jours en avril), un débranchement met en péril la santé de familles qui n’arrivent pas à payer leur facture parce qu’elles sont à bout de ressources — des familles qui comptent des enfants, des aînés, des malades, des gens fragilisés. La Régie pourrait allonger la trêve hivernale pour l’étendre du 1er novembre au 30 avril. «Cette trêve hivernale est plus longue dans des endroits parfois moins froids qu’ici», indique Mme Bonin.

En effet, la trêve hivernale dure plus de 4 mois dans une vingtaine d’États américains, 5 mois en France et 6 mois en Angleterre pour les ménages vulnérables. «Le Québec doit prendre exemple sur ces juridictions. À défaut de pouvoir miser sur la Régie, et à quelques mois de la campagne électorale, nous espérons que les partis politiques fassent preuve de compassion et s’engagent à modifier la Loi sur la Régie pour allonger la trêve hivernale», conclut la coordonnatrice de l’ACEF.


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