Papaoutai

16 juin 2018Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

Ôtez-moi d’un doute, c’est le nouveau long-métrage de Carine Tardieu qui prend l’affiche dès aujourd’hui dans les salles obscures. Le film raconte l’histoire d’un homme qui apprend que celui qui croyait être son père ne l’est pas en fait. Cette nouvelle le mènera sur une quête vers non seulement un père biologique, mais aussi une histoire d’amour.

L’histoire est campée dans la région de la Bretagne, avec ses somptueux décors. Elle met en scène les acteurs de talents que sont François Damien, Cécile de France, Guy Marchand et André Wilms. François Damien incarne un grand gaillard au cœur tendre et Cécile de France quant à elle, incarne une femme forte, capable de tenir tête à ce dernier. Guy Marchand et André Wilms sont pour leur part des personnages attachants et empreints d’amour. Mention spéciale également à la jeune talentueuse Alice de Lencquesaing qui livre une performance vibrante de réalisme. Les personnages sont pour la grande majorité éclatants de vérité, sans tomber dans la surabondance, à l’exception du personnage de Didier, campé par Estéban, qui joue ici le clown de service.

Les thèmes principaux de cette œuvre sont les relations père/fils et le temps qui passe. Non seulement le protagoniste principal recherche son père biologique à un âge avancé, mais sa propre fille, plutôt jeune, est enceinte, sans réellement connaître l’identité du géniteur. Plusieurs symboliques (voir trop) sont utilisées pour illustrer ces thèmes. Il y a d’abord le personnage principal qui a pour métier d’être démineur sur d’anciens champs de bataille et qui apprend cette nouvelle dès le début de l’intrigue, qui lui saute au visage, comme une bombe bien enfouie dans le sol depuis trop longtemps. Mentionnons également l’apparition d’hippocampes, chez qui ce sont les mâles qui couvent les œufs, mais également ce plan, illustrant un sablier et un œuf bouillant dans une casserole. L’idée du démineur est intéressante, mais l’accumulation des différentes symboliques prend des allures didactiques.

La musique, tout comme la réalisation demeure encrée dans le classique. La trame sonore orchestrale est toutefois magnifique et colle bien au récit, avec des titres provenant de Vivaldi ou Mozart, tout en passant par d’autres classiques des temps modernes comme Serge Reggiani par exemple.

Le scénario est bien ficelé, nous tenant en haleine jusqu’aux dernières minutes du film, mais bien que ce récit soit inspiré d’une histoire vraie, tout est trop hasardeux, sans avoir été manipulé par le gars des vues. Les relations entre les personnages s’entremêlent de manière chaotique, mais sans toutefois nous perdre dans ces amas interrelationnels. Malgré cet aspect, Ôtez-moi d’un doute est un film touchant, parfois triste, parfois drôle, mais toujours dans l’émotion. Un film qui tombe à point pour ce week-end de la Fête des Pères.

À voir dès maintenant à La Maison du Cinéma.


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