Deux courts en cours

30 juin 2018Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

Wamin (La pomme)

Au lancement de la première du film La chute de l’empire américain, Entrée Libre a eu la chance de visionner, juste avant la présentation officielle, le court métrage de la jeune réalisatrice Atikamekw, Katherine Ottawa Nequado, intitulé Wamin. Ce mot signifie pomme en atikamekw. Le titre prend tout son sens au sein de ce court métrage qui raconte l’histoire de cette jeune autochtone qui quitte sa réserve. Aux yeux de cette communauté, elle est vue comme une pomme, c’est-à-dire, rouge à l’extérieure et blanche à l’intérieur. Entrée Libre a eu la chance de s’entretenir avec la jeune réalisatrice, qui en est à son tout premier film. Nequado nous raconte que cette histoire, c’est la sienne. En effet, celle qui a décidé de quitter sa réserve de Manawan pour aller s’installer dans la grande métropole du Québec s’est vue critiquée par son entourage. Malgré que le film semble dépeindre un résultat cauchemardesque pour ceux qui décident de s’exiler de leur communauté, Nequado nous raconte qu’elle se faisait surtout taquiner par ses camarades autochtones face à son départ. Sortir d’une communauté aussi tissée serrée résulte toutefois d’un courage de guerrière, comme ce court l’exprime si bien. Le film a été réalisé dans le cadre du Wapikoni mobile. Pour la petite histoire, cet organisme sans but lucratif a été fondé au début des années 2000 par la cinéaste Manon Barbeau. C’est un organisme de médiation, d’intervention, de formation et de création audiovisuelles, s’adressant aux jeunes autochtones dans le but de contrer les taux élevés de suicide, de décrochage scolaire et de toxicomanie. Un studio ambulant qui parcourt des milliers de kilomètres pour rejoindre les différentes communautés du territoire québécois. Rappelons qu’au lancement annuel de Wapikoni mobile, Katherine O. Nequado a gagné le prix du public pour son film. Elle se retrouve maintenant présentée avant le dernier film de Denys Arcand. Pas si mal pour un premier film! Vous pouvez-donc voir Wamin (La pomme), en allant voir La chute de l’empire américain.

SQUAD LEADER TD-73028 SOLILOQUY

Je me souviens qu’un de mes enseignants au secondaire avait ouvert son tout premier cours en nous citant cette célèbre phrase : « Être ou ne pas être : telle est la question ». Comme bien des gens, je savais que cette phrase était tirée du théâtre par Shakespeare, mais sans plus. J’ignorais qu’elle provenait d’Hamlet, cette célèbre histoire écrite au début des années 1600. J’ignorais également qu’elle serait interprétée un jour par un Stormtrooper, sorti de l’univers de Star Wars. En effet, le court métrage « fan-film » SQUAD LEADER TD-73028 SOLILOQUY présenté pendant plus de deux semaines, juste avant Solo : Une histoire de Star Wars à La Maison du Cinéma de Sherbrooke, revisite le célèbre soliloque d’Hamlet. Ce qui est encore plus génial, c’est que c’est un court métrage québécois, réalisé par Maxime-Claude L’Écuyer. Ce dernier s’est entouré d’une équipe de talents et de renom, comme Olivier Calvert, concepteur sonore pour des films comme Le Démantèlement ou encore Babine. Carl Bastien est à la musique. Ce dernier a fait la scène musicale entre autres avec les Bélanger, Déry, Dumas, Minière, Perreau de ce monde. Le film met en vedette un Stormtrooper, sorte de soldat cloné de l’Empire galactique dans l’univers de Star Wars. Ce sont des soldats qui n’ont qu’un seul but, c’est-à-dire, faire régner l’ordre dans la galaxie, protéger et maintenir la paix, tout en écrasant la rébellion. Dans ce court, ce soldat est campé par le cosplayer (ou costumédien) David Blouin, alias TD-73028, membre de la Légion 501st. Cette légion n’est pas seulement fictive, mais également bien réelle, car c’est également un club de fans consacré à la création et au port de répliques fidèles d’armures des troupes d’assaut impériales et d’uniformes impériaux de l’univers de Star Wars. Ces derniers sont présents dans des événements comme les Comiccon. C’est en voyant des photos du costume de David que le réalisateur Maxime-Claude L’Écuyer a été subjugué devant la précision et l’exactitude de la réplique du costume original, vu pour la première fois, sur la planète Tattoine dans l’épisode IV. Le décor de cette planète a été recréé dans une carrière de sable de Saint-Lazare. La voix du Stormtrooper est interprétée ici par Anton Golikov, un acteur montréalais. Cette rencontre improbable entre Shakespeare et Lucas est tout à fait surprenante et originale. Il est intéressant d’y voir un soldat impérial avoir cette réflexion si profonde, alors qu’on les connaît pour être fidèles aux ordres et non pour l’envie de révolte. Le film aurait pu facilement tomber dans la parodie, mais est tout au contraire sérieux, profond et la qualité sonore et visuelle se fond agréablement bien dans l’univers étendu de la franchise Star Wars. Un court à voir dans un cinéma pas si lointain.


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