Le bonheur n’est pas une destination à atteindre

7 septembre 2018Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

La Tendresse ou La Tenerezza, dans sa version originale, est un film du réalisateur italien chevronné Gianni Amelio. Celui qui a été nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 1990, avec son film Portes ouvertes et également récipiendaire du Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1992 avec Les Enfants volés, nous revient cette fois-ci avec un drame familial.

Le long-métrage met en scène l’histoire d’un vieil homme aigri du nom de Lorenzo (Renato Carpentieri), ancien avocat déchu qui entretient une relation difficile avec ses deux enfants, Elena (Giovanna Mezzogiorno) et Saverio (Arturo Muselli). Lorsqu’un couple emménage dans l’appartement d’en face avec leurs deux enfants, la vie de Lorenzo prendra un nouveau tournant, suite à un drame violent. Le couple en question met en scène l’acteur Elio Germano, dans le rôle de Fabio, personnage troublé et l’actrice Micaela Ramazzotti, dans le rôle de Michela (qui ressemble à s’y méprendre à Hilary Swank), une jeune femme pour lequel Lorenzo se prendra d’affection. Petite parenthèse, Micaela Ramazzotti a également tenue un rôle marquant dans le film La pazza gioia (Folles de joie), sortie en 2016, que j’ai eu le plaisir de voir et que je vous recommande fortement.

Le film d’une durée de presque deux heures est lent, mais nous tient malgré tout en haleine, et ce, jusqu’au tout dernier plan où l’histoire se conclut. Toute l’histoire tourne autour de personnages paumés, qui ont tous de petits et grands problèmes et Lorenzo est au centre de cette histoire. Renato Carpentieri est tout à fait convaincant dans son rôle, de même que les autres acteurs, tout sexe, âge et talent confondus. En dire davantage serait trop en révéler et loin de moi l’envie de vouloir être pointé du doigt comme étant un divulgacheur, mais disons seulement que ce drame familial est universel et pourrait se passer ici même, au Québec. C’est un film d’une grande qualité, qui nous touche droit au cœur. Le réalisateur de 72 ans nous démontre que malgré le drame, la tendresse peut exister. Un dicton oriental tiré du film et qui à la fois le résume efficacement dit : « Le bonheur n’est pas une destination à atteindre, mais une maison où rentrer, il ne se trouve pas devant nous, mais bien derrière. »

La Tenerezza a été présenté lors du dernier Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke, alors si vous n’avez pas eu la chance de le voir ou que vous aimeriez le revoir, sachez qu’il sort dès aujourd’hui, à La Maison du Cinéma.


Partager cet article
Commentaires