Environnement et solidarité dans la même équation

12 septembre 2018Hubert Richard
Catégorie :La chronique du B.S.

Cette année, Québec Solidaire, en dépit de son rôle minoritaire dans l’échiquier politique québécois, présente un programme qui donne espoir… Espoir que les humains ne resteront pas toujours cons! Le transport en commun à moitié prix, la gratuité scolaire; un gouvernement qui se tient face aux médecins, aux banques et qui est sympathique pour les nouveaux producteurs bio et les B.S. et qui comprend que la solidarité est une force et non une faiblesse de notre société dite évoluée!

Vous qui désirez ardemment que l’environnement soit au coeur des élections, ne faites pas l’erreur de penser que la solidarité ne soit pas essentielle! Que les milliards qu’elle exige en mesures sociales pourraient être investis plus judicieusement en mesures environnementales! La solidarité est loin d’être un luxe pour lutter contre les changements climatiques. C’est l’affirmation d’une idée claire: celle de vouloir vivre ensemble sur cette planète tout en étant solidaire les uns aux autres. Ce désir d’inclusion est une rupture avec le modèle de domination de l’homme par l’homme qui nous a conduit vers cette catastrophe écologique. Et il ne peut y avoir de lutte aux changements climatiques sans chercher à rompre avec ce modèle.

La seule chose qui me désole pour l’instant avec Québec Solidaire (et aussi avec les autres partis), c’est le chantier du logement social, enjeu oublié de la présente campagne… Ce n’est pas sans raison que les locataires ont choisi le mois de septembre pour marcher de Ottawa jusqu’à Québec. Cela fait des décennies qu’on se contente de financer les nouveaux logements sociaux au compte-gouttes, quand ce n’est pas des tentatives de sabotage du programme Accès-Logis! Alors que combler les besoins en logements sociaux serait hautement salutaire.

Pour qu’il y ait une apparence de chantier dans le domaine du logement social au Québec, cela prendrait 10 000 nouveaux logements par année, soit au moins le double de ce qui se fait depuis des années. Avec un réel chantier, les villes vont pouvoir se doter d’une politique d’habitation qui soit efficace à un réaménagement durable de nos villes. Pour l’instant, on se contente d’ajouter des logements sociaux sans trop chercher à planifier quoi que ce soit, alors que ce grand chantier du logement social est de loin l’élément le plus structurant pour corriger notre manière de vivre ensemble sur cette planète!

D’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles nous avons tant de misère à corriger notre organisation collective concernant notre manière de nous déplacer sur cette planète vient indubitablement de ce fait: notre idéal pour la révolution écologique n’a absolument rien de social. Elle promeut un idéal individuel qui laisse sous-entendre que tout le problème peut se régler par des choix individuels de voitures ou de maisons plus écologiques.

Et, quand on veut organiser une marche pour l’environnement, nous avons toutes les misères du monde à nous convaincre de l’obligation de tenir cette marche et de l’organiser!

En passant, je ne vous l’avais pas encore dit, mais je m’implique aux AmiEs de la Terre de l’Estrie. Lors de notre dernière rencontre au Collectif des organismes en environnement de Sherbrooke, des citoyens étaient supposés nous rencontrer pour organiser une marche autour du Lac des nations le 15 septembre en faveur de l’environnement. Un certain monsieur Rodier attendait dans l’ombre de la salle à manger qu’on vienne le chercher. Il représentait le groupe de manifestants. Il attendait sa gang… Les minutes se sont écoulées et finalement, nous nous sommes retrouvées 4 pour organiser cette marche. Tout le monde était parti, sauf moi et Brigitte du CREE qui devait seulement animer la rencontre, ainsi qu’une co-organistrice de la marche qui était arrivée plus tard à cause de la fermeture de la piste cyclable autour du Lac des Nations. Le seul vrai motivé était Monsieur Rodier qui, voyant son acolyte proposer de ne pas organiser de marche, se mit à monter le ton face à tous les militants et militantes de cette décennie: «Bordel, dans le temps, avec le syndicat, quand on décidait de faire une marche, ce n’était pas compliqué. On montait une chaîne téléphonique et chacun appelait trois personnes!»

Je vous annonce que les AmiEs de la Terre monte en ce moment une chaîne téléphonique dans le but de poser une action autour du Lac des-Nations! Intéressé à faire partie de cette chaîne, appelez-nous: 819-562-4413.

P.S. Après vérification, QS promet de réaliser 50 000 logements sociaux…


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