Christine Labrie, Québec solidaire

15 septembre 2018Sylvain Vigier
Catégories :Entrevue | Politique nationale

A la date de notre bouclage, 6 personnes se sont portées candidates à l’élection provinciale dans la circonscription de Sherbrooke: Pierre Brousseau pour le Parti conservateur du Québec, Marie-Maud Coté-Rouleau pour le Parti vert du Québec, Luc Fortin pour le Parti libéral du Québec, Christine Labrie pour Québec solidaire, Guillaume Rousseau pour le Parti québécois et Bruno Vachon pour la Coalition avenir Québec. Nous leur avons adressé une série de questions décalées, pour tenter de faire ressortir leur personnalité, d’identifier les choses qui les allument, et finalement avoir des informations concrètes sur ce qui sera mis en œuvre advenant leur élection.

Voici les réponses de Christine Labrie, candidate de Québec solidaire.

Nous sommes tous marqués en tant qu’individus par des souvenirs d’enfance liés à l’actualité locale ou internationale. Quel est votre plus vieux souvenir d’un événement médiatique au Québec ou à l’international?

L’image qui me vient à l’esprit en premier est celle des puits de pétrole enflammés. À 4 ans j’étais trop jeune pour comprendre de quoi il s’agissait (la Guerre du Golf de 1991), mais l’image est imprimée dans ma mémoire. Je me souviens d’avoir vu ces images à répétition pendant des mois, d’avoir ressenti l’absurdité des guerres et du gaspillage.

Nous pouvons sentir dans la société québécoise un certain marasme, avec un manque de confiance voire certaines craintes en l’avenir. Qu’est ce qui, de votre point de vue, fonctionne le moins bien dans la société québécoise actuellement?

À mon avis c’est la démocratie. Il y a tellement de personnes qui pensent que voter ne sert qu’à se donner le droit de critiquer. Le mode de scrutin actuel fait en sorte que beaucoup de personnes ont le sentiment de ne pas avoir leur mot à dire sur la direction que prend le Québec, et de ne pas être représentées adéquatement par les élus. Un mode de scrutin qui permettrait aux gens de voter selon leurs convictions et d’avoir des gouvernements plus représentatifs redonnerait confiance en l’avenir.

Citez un livre, un film, ou une chanson qui illustre le mieux votre état d’esprit pour cette campagne.

Le film Demain. Parce que c’est un film optimiste, qui propose des solutions concrètes pour résoudre la crise environnementale que l’on traverse actuellement. C’est un film qui appelle à la mobilisation, à la créativité, qui donne le goût de se mettre en action. C’est exactement l’esprit de ma campagne avec Québec solidaire: aux problèmes des Québécois nous proposons des solutions concrètes et audacieuses.

La problématique climatique et environnementale devient de plus en plus présente dans le débat public, en particulier par l’augmentation du nombre d’épisodes climatiques extrêmes auxquels nous sommes confrontés. Qu’est-ce qu’un.e député.e peut faire contre le changement climatique et la crise écologique?

Les élus doivent faire preuve de courage. On a dépassé l’étape de la sensibilisation et des petits gestes individuels. Il faut que les gouvernements agissent eux aussi, par exemple en mettant fin à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, en investissant massivement dans le transport en commun pour réduire la dépendance à la voiture. Nous proposons d’interdire la vente de véhicules à essence en 2030, parce qu’on veut électrifier les transports. Je m’attends des partis qu’ils proposent des solutions concrètes, et tous les élus devraient mettre la partisannerie de côté pour adopter ces solutions, parce qu’on doit agir rapidement.

Quelle est votre position sur l’augmentation du salaire minimum à 15$/h au Québec, alors que l’Ontario l’adoptera en janvier 2019?

Le salaire minimum doit être augmenté à 15$ de l’heure dès maintenant et doit être indexé en fonction du coût de la vie. C’est inacceptable qu’une personne qui travaille à temps plein au salaire minimum ne touche pas un revenu suffisant pour sortir de la pauvreté.

Vous êtes élu.e député.e. de Sherbrooke (félicitation!!). Quel(s) projet(s) souhaitez-vous voir se réaliser à Sherbrooke et au Québec pour vous juger satisfait.e de votre action de parlementaire?

Je me présente pour que toutes les personnes qui travaillent à améliorer la vie des autres, en santé, en éducation, dans le communautaire, en environnement, en culture, etc. aient une alliée à l’Assemblée nationale. Je veux être une facilitatrice pour la réalisation de leurs projets. Je serai satisfaite si j’arrive à permettre aux acteurs et actrices du milieu de réaliser leurs projets. Pour moi c’est ça le rôle d’une députée: défendre et soutenir les gens de sa circonscription, pas décider pour eux.

Faisons un peu de politique fiction. Le Québec vient de devenir un État indépendant du Canada. Votre Premier ministre vous appelle car il ne sait pas comment appeler la monnaie de ce nouveau pays. Quel nom lui proposez-vous?

Je répondrais au Premier ministre que la meilleure façon de choisir un nom pour cette nouvelle monnaie serait de faire une consultation populaire et d’inviter les Québécois et Québécoises à soumettre leurs propositions, puis à voter.


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