Le pacte d’un autre Noël

16 décembre 2018Sylvain Vigier
Catégories :Éditorial | Environnement

Ce sont plus de mille personnes qui se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Sherbrooke et 50000 dans tous le Québec pour la marche «La planète s’invite au parlement» organisée par Greenpeace. Des rassemblements de cette ampleur sont rares dans le pays. Ils soulignent la prise de conscience d’une partie croissante de la société québécoise sur la nécessité d’actions concrètes pour répondre au réchauffement du climat.

Le succès de cette mobilisation a certainement à voir avec l’engagement de nombreuses personnalités publiques à signer «Le Pacte pour la transition» quelques jours avant la mobilisation de Greenpeace. Notre journal Entrée Libre se fait le relai depuis des années de la cause écologiste et environnementale. Fort de la tradition de notre journal de relayer les luttes sociales auprès de ses lecteurs et lectrices, Entrée Libre a proposé à l’ensemble des journaux communautaires du Québec (via L’Association des Médias Communautaires du Québec) de relayer l’information sur les engagements contenus dans «Le Pacte pour la transition», laissant libre chaque journal d’en émettre une opinion positive ou négative. L’engagement du journal en faveur du «Pacte» va se faire par une série d’articles de Fanie Lebrun, une collaboratrice régulière du journal qui a initié l’appel à tous les médias communautaires. Au cours des publications de l’année 2019 d’autres textes viendront présenter les engagements individuels que proposent «Le Pacte». Cependant, les réponses à l’enjeu du réchauffement climatique doivent être majoritairement données par les gouvernements. Ce sont les gouvernements qui ont les leviers pour organiser une transition vers la réduction des émissions de gaz à effet de serres (GES). Et si 40% des GES produits au Québec viennent des transports, ça n’est pas par un remplacement intégral du parc automobile individuel en voitures électriques que nous diminuerons cet impact, mais bien avec une politique de transports publics nationale et une organisation du territoire qui permet de limiter le recourt à la voiture individuelle.

Dans ce premier article, Fanie réintroduit la question du «temps long», une façon de penser le «long terme» quasi disparue dans les discours de nos dirigeants et dirigeantes. Et la notion du «temps long» doit résonner en nous particulièrement en cette période du «temps des fêtes», euphémisme laïque de la période de Noël. Une nouvelle fois, les premiers gouvernements chrétiens d’Europe se sont appuyés sur les traditions païennes pour recréer une nouvelle mystique autour de l’Hiver, des nuits longues, et de l’espoir que le froid et la noirceur ne seront que temporaires. Que représente le «temps des fêtes» dans nos sociétés actuelles? La famille et l’occasion pour se rassembler avec ses proches en reste une composante centrale. Ça c’est pour le «temps longs», le temps du repos et des plaisirs partagés. Le consumérisme et l’opulence nous ont apporté une immédiateté de temps des fêtes. C’est le moment où les magasins font le plein, où les rayons débordent, où une frénésie toute particulière envahit les allées des centres d’achats. Combien d’entre nous voient l’arrivée de Noël comme le temps de la corvée imposée des cadeaux? De savoir que ne pas offrir un bien sera perçu comme un affront ou une marque de mépris. Une étude parue dans le journal «Le Devoir» nous indique que les canadiens dépenseront en moyenne 602$ en cadeaux et 528$ en dépenses «secondaires». Le secondaire n’est visiblement pas accessoire.

Un cadeau fait toujours plaisir. En tout cas il le devrait. Alors si nous appuyons «le Pacte» faisons notre première action en nous posant cette question relativement simple: «qu’ai-je envie d’offrir?» plutôt que «que dois-je acheter?». Un autre Noël est lui aussi possible. Qui nous rapporte au temps long et aux plaisirs partagés. Un Noël qui refuse l’injonction de l’achat mais qui retrouve du sens dans le geste d’offrir. Le plaisir de recevoir un présent que l’on conservera pour ce qu’il est et pour ce qu’il représente plusieurs années après ce Noël 2018. Bon «temps des fêtes» à tous et à toutes.


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