Deux films français à l’honneur

28 janvier 2019Evelyne Papillon
Catégories :Chronique | Cinéma

 

Lola et ses frères est le quatrième long métrage réalisé par Jean-Paul Rouve. Il s’agit également du deuxième film qu’il a écrit avec David Foenkinos après Les Souvenirs. Cette comédie, avec quelques passages touchants, explore les liens de filiation et les personnalités bien distinctes de deux frères (José Garcia alias Pierre et Jean-Paul Rouve alias Benoît) et leur sœur (Ludivine Sagnier jouant Lola).

Se réunissant tous les mois devant la tombe de leurs parents, nos trois compères en profitent pour se raconter ou non leur vie, tout en étant accostés par un vieil homme qui n’a pas la langue dans sa poche. Lors de son troisième mariage, Benoît, un ophtalmologiste un peu rigide, se trouve face à un discours plutôt décevant de Pierre, son frère désorganisé, qui se trompe dans le prénom de la femme de ce dernier devant tout le monde. Cela engendrera un malaise profond chez elle. Mais la maladresse sera partagée aussi par le mari, lors des réconciliations. Pendant ce temps, Pierre se trouve viré de sa compagnie de démolition et fait tout pour en garder le secret devant son fils et sa famille. Quant à Lola, elle rencontrera l’amour au travail, mais tout ne peut pas être si simple. Chacun devra composer avec la perte ou l’arrivée d’un amour, l’entrée d’un nouveau conjoint ou d’une nouvelle conjointe dans la famille et le désir ou non d’enfant.

Des situations qui peuvent sembler banales sont apportées avec un humour surprenant. Une machine à déterminer la couleur des lunettes proposant toujours le vert petit pois et les choses étranges à mettre sur un CV selon le conseiller du centre d’emploi ne sont que quelques-unes des situations cocasses qui vous attendent. Malgré des chansons trop appuyées qui peuvent faire décrocher un peu si on n’en est pas adepte, le film est de façon générale un agréable divertissement.

Lola et ses frères est présentement à l’affiche à la Maison du cinéma. http://lamaisonducinema.com/film/lola-et-ses-freres/

Mademoiselle de Joncquières

Même si le film n’est plus à l’affiche, je vous encourage à le découvrir. On ne parle pas ici de la ville québécoise où Plume a eu bien du fun, mais plutôt d’une histoire inspirée d’un récit de Diderot au 18e siècle. Il faut être concentré pour suivre les joutes verbales des ratoureux nobles pas toujours si nobles, joués avec talent par Édouard Baer et Cécile de France. Mais une fois qu’on a saisi le ton, c’est parti pour un superbe film d’époque. Les forêts et jardins sont enchanteurs, les costumes sont magnifiques et les personnages dans ces décors si lumineux révéleront pourtant leur côté sombre et obsessif en amour, en s’enfonçant toujours davantage dans leur vice.

Encore une fois, Emmanuel Mouret, à la réalisation, dépeint la complexité de l’amour, du désir et des manipulations inventives pour y accéder. À plusieurs occasions, je me suis prise à penser aux contes de fées de mon enfance, mais celui-ci est doté d’une morale sur le mensonge fort à propos.


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