Pour un changement de cap en matière d’environnement

26 avril 2019Dominique Vigneux-Parent
Catégories :Communautaire | Environnement

Le 1er avril dernier, Environnement Canada publiait un rapport indiquant que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la planète (et même trois fois plus vite dans les zones nordiques) . Ces données sont préoccupantes quand on voit l’inaction de nos gouvernements en matière d’environnement. Comment nos gouvernements peuvent rester inactifs quand on sait qu’il ne reste que deux ans pour agir afin d’éviter des conséquences désastreuses pour l’humanité?

Tous les gouvernements justifient leur inaction en faisant craindre des impacts sur l’économie. Il en coûterait soi-disant beaucoup trop cher à l’État de mettre en place de véritables programmes de lutte face à la crise climatique. Il n’y a pourtant pas d’avenir et pas d’économie sur une planète morte. Il faut comprendre que la croissance économique est insoutenable pour la planète. Deux des problèmes majeurs qui touchent actuellement l’humanité sont les changements climatiques et les inégalités sociales. Ces problèmes ont la même origine: notre système économique qui prône la croissance sans fin sans une réelle redistribution de la richesse. Pour s’attaquer aux changements climatiques, il faut tenir compte des inégalités sociales. Qu’on le veuille ou non, la fiscalité est le seul moyen de bien redistribuer la richesse et de mettre en place des mesures favorisant la transition écologique.

Le système économique devrait permettre d’améliorer les conditions de vie des personnes et de l’environnement. Ce n’est pas le cas avec le système actuel. Car en ce moment même 26 personnes possèdent autant de richesses que la moitié de la population la plus pauvre . Alors que les riches sont les plus grands destructeurs de la planète, ce sont les personnes les plus défavorisés qui en vivent les conséquences dramatiques dans leur quotidien. Il faut sortir de cette spirale sans fin de consommation sans solution et apporter un véritable changement à tout un système malade.

C’est bien connu, les gouvernements ont souvent tendance à trouver des solutions individuelles aux problèmes collectifs. C’est dans cette optique que le gouvernement du Québec nous propose, dans le dernier budget, des subventions pour l’achat de véhicules électriques comme mesure pour lutter contre la crise climatique? Bien qu’intéressantes, ces subventions ne remettent pas en cause le système économique existant ni la course effrénée au pétrole. Ces subventions ne règlent pas non plus les problèmes d’étalement et de congestion urbaine. C’est pour ces raisons qu’il nous semble préoccupant qu’un gouvernement fasse de ces subventions le fer de lance de sa politique écologique. Il aurait sans doute été plus bénéfique pour l’environnement d’investir dans le transport en commun.

Nous avons besoin de solutions qui s’attaquent à la source des problèmes si on veut retrouver une planète qui soit saine et de qualité pour tous et toutes. Les changements climatiques sont un problème mondial causé par l’idéologie néolibérale qui règne dans nos sociétés depuis plus de 40 ans. Et, pour être résolu, ce problème requiert des changements très fondamentaux dans le système économique et politique.

La responsabilité des changements climatiques ne relève pas de la sphère privée et des comportements individuels mais plutôt de la sphère publique, celle des choix collectifs et des structures sociales. Il faut renverser cette tendance et remettre les responsabilités là où elles se trouvent, c’est-à-dire dans les politiques publiques et les gouvernements qui ont longtemps poussé et pousse encore le modèle néolibéral qui encourage toujours la production et la consommation. Un modèle qui transfère d’énormes pouvoirs aux multinationales et à l’industrie pétrolière tout en érodant les droits fondamentaux des hommes et des femmes à la santé, à l’alimentation, au logement, au travail et à un environnement propre.

Pour changer le cours de l’histoire, des mesures radicales doivent être prises. C’est pourquoi, à l’approche de la Semaine de la Terre qui débutera le 22 avril, les organismes d’éducation populaire autonome veulent répondre à l’appel de Greta Thunberg et au mouvement mondial pour la planète et invite l’ensemble des organismes communautaires du Québec à unir leur voix pour la planète. Et à exiger que nos gouvernements luttent efficacement contre les changements climatiques. C’est une question de survie!


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