Le bon karma

20 juin 2019Jean-Benoît Baron
Catégories :Chronique | Cinéma

 

The Extraordinary Journey Of The Fakir ou l’Extraordinaire voyage du Fakir en version française, est le tout nouveau film de Ken Scott. Celui qui a réalisé des films comme Les doigts croches (2009) et Starbuck (2011) revient à la charge avec une comédie à grand déploiement. Cette histoire qui, rappelons-le, est basée sur le roman de Romain Puértolas « L’Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea », vous en mettra plein la vue… et les oreilles! En effet, ce long-métrage aux saveurs de Bollywood est une aventure sur plusieurs continents d’une grande beauté, doté d’une bande sonore savoureuse.

Le film raconte l’histoire d’Aja, un jeune arnaqueur de Mumbai, qui décide de partir sur les traces de son père qu’il n’a jamais connu. Ce voyage aux péripéties farfelues l’emmènera à connaître l’amour, la richesse et le don de soi, pour finalement se connaître lui-même, et ce, à travers l’Angleterre, Paris et Rome. C’est une sorte de fable qui transpose le récit initiatique en aventure extraordinaire.

Sans être un film engagé, le long-métrage traite beaucoup de la situation des migrants. Aja rencontre plusieurs migrants dans son voyage, certains avec qui il développera des liens d’amitié profonds. Même si le tout est teinté d’humour, on peut comprendre cette triste réalité des gens qui fuient leur pays d’origine, en quête d’un avenir prometteur et qui se font rejeter dans tous les pays qu’ils visitent, pour finalement se faire renvoyer chez eux, à la case départ.

Malgré un budget relativement modeste, un film de cette envergure n’aurait pas vu le jour avec les budgets restreints du Québec. The Extraordinary Journey Of The Fakir est une co-production France-Inde-Belgique. Pour Ken Scott, le tournage fut assez complexe, étant donné qu’il a été tourné aux quatre coins du globe, mais le résultat en vaut la peine. L’équipe a été tourner directement sur les lieux pour sentir réellement l’atmosphère, ce qui n’aurait pas pu être réussi en studio par exemple. Chaque pays visité a sa propre couleur, son propre style. En passant par un numéro de danse dans la pure tradition bollywoodienne, à un numéro musical à la Monthy Python en Angleterre ou en poursuite dans les rues d’Italie sur une musique inspirée de Nino Rota, tout y est pour marquer chaque endroit de sa propre couleur.

Pour aller capter la magie et l’essence de chaque pays visité, Ken Scott a su aller chercher des acteurs de renom, issus de plusieurs pays, à commencer par le personnage d’Aja, interprété avec brio par Dhanush, une star montante du cinéma Tamoul et de Bollywood. Son personnage est charmant et il sait comment se sortir du pétrin. Qu’il soit riche ou va-nu-pieds, il sait ce qu’est la vraie valeur de la vie. C’est un peu comme le Aladdin indien. À ses côtés, nous retrouvons Bérénice Bejo, Erin Moriarty, Barkhad Abdi, Gérard Jugnot, Ben Miller, Abel Jaffri. Le film compte également dans sa distribution, la charmante Sarah-

Jeanne Labrosse dans un rôle plutôt hilarant d’une jeune femme qui croit être lesbienne et en fait une véritable obsession.

La musique originale, signée Nicolas Errera est délicieuse. Je vous mets au défi de ne pas taper du pied ou bien de vouloir carrément vous lever pour danser, lors de certains moments musicaux du film, comme dans le numéro de danse. Les chansons ont toujours un rappel des sonorités indiennes, qui donnent vraiment un rythme marqué au film. Les effets visuels sont tout aussi présents et réussis.

Bien sûr la musique en trame de fond est parfois trop appuyée, l’histoire amoureuse est parfois trop mielleuse, mais comme le tout fait davantage partie d’une fable que d’un récit ancré dans le réel, on pardonnera ses quelques élans abusifs. Le film est drôle, touchant et rempli d’humanisme qui vous fera aimer votre prochain. Un film à voir ou à revoir, qui prouve que Ken Scott est encore capable d’aller plus loin dans son cinéma. Espérons maintenant que nous ne connaîtrons pas de remake, comme pour Donneur anonyme (2013) ou bien La grande séduction à l’anglaise (2014), car le film est parfait comme il est et personne ne devrait penser faire mieux!


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