Le projet Well Sud, c’est l’exode obligatoire des gens pauvres…

Pour l’association des locataires de Sherbrooke, tout développement fait au centre-ville doit profiter aux gens qui sont locataires dans le centre-ville. Les gens habitent le centre-ville parce qu’ils sont proches de services dont ils ont besoin avec des loyers qu’ils peuvent se payer. Le quartier, c’est un milieu d’entraide et c’est un milieu de vie, la solidarité remplace l’argent.

Sauvons notre centre-ville
L’association des locataires s’oppose au projet de gentrification de la ville de Sherbrooke par son projet Well Sud. Développer le centre-ville avec ce projet, c’est vouloir attirer les plus riches sans protéger les plus pauvres.  Déjà le transport en commun s’est vu modifier. Le centre-ville n’en est plus le centre car maintenant les arrêts sont dans l’est et à l’ouest. La ville construit un parking neuf, deux fois plus grand que l’ancien qui était presque désert à l’année. Pourtant c’est connu, les pauvres n’ont pas d’auto. La ville donne des garanties au groupe Custeau : elle va déménager ses services dans le bel édifice de monsieur Custeau. La ville espère l’investissement du privé. Elle revitalise le centre-ville par des condos, des services de luxe, pour satisfaire les souhaits énergivores et polluants de citoyens trop nantis pour résider au centre-ville actuellement.

Pour l’association des locataires, le développement du centre-ville doit respecter le droit au logement, le droit de cité des citoyens et le droit à un environnement sain. Le projet de diminuer les services de transport en commun au centre-ville est questionnable, celui d’augmenter le nombre de grosses cylindrées est irresponsable. Le projet dans son ensemble, en ne tenant compte des besoins des citoyens les plus pauvres, est immoral.

L’exode des citoyens du quartier a commencé.

Beaucoup de gens des immeubles de la rue Galt Ouest ont dû se relocaliser dans un autre quartier. L’édifice de 116 unités de logements sociaux prévu sur le site est une bien bonne chose, mais celles-ci seront disponibles au plus vite dans deux à trois ans. Et cela risque de n’être qu’une goutte dans un océan de besoins car de nombreux édifices risquent d’être démolis d’ici là. D’autres démolitions d’édifices à logement pourraient suivre dans l’est, d’abord dans la zone inondable dans le bas de la King et dans les zones pauvres adjacentes du secteur est de la ville de Sherbrooke.

La solution pour nous est de faire de l’urbanisme et d’investir des sommes publiques municipales, provinciales et fédérales pour développer des logements sociaux, verdir le quartier, fermer la circulation à l’auto et développer le transport en commun. Accoucher d’un projet style 2020, qui respecte les droits de tous ces citoyens et l’urgence climatique. À défaut de ces investissements publics pour le respect des droits, la ville devrait établir un moratoire des investissements privés dans le projet de « revitalisation » du centre-ville.


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