UN COLLECTIF CITOYEN UNI CONTRE UN GAZODUC EN ESTRIE

Catégories :Environnement | Mobilisation

DE L’ALBERTA À LA NOUVELLE-ÉCOSSE, EN PASSANT PAR L’ESTRIE, DES GROUPES ENVIRONNEMENTAUX SE MOBILISENT CONTRE LE PROJET DE TERMINAL GAZIER DE PIERIDAE ENERGY À GOLDBORO, EN NOUVELLE-ÉCOSSE. L’ENTREPRISE PRÉVOIT D’EXTRAIRE DU GAZ NATUREL ALBERTAIN, DE L’ACHEMINER EN PASSANT PAR LE QUÉBEC, PUIS L’EXPORTER À LA SOCIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE ALLEMANDE UNIPER. LE HIC ? LE GAZODUC PRÉVU FONCTIONNE DÉJÀ À PLEIN RÉGIME, ET LES RÉSERVES DE GAZ NON FRACTURÉ EN ALBERTA SONT EN DÉCLIN.

Un nouveau gazoduc, l’éléphant dans la pièce
Construit il y a environ vingt ans, le gazoduc Trans-Québec Maritimes se raccorde avec le réseau de TransCanada près de la frontière ontarienne. Il traverse 75 municipalités, d’East Heresford à Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec. C’est le seul trajet existant pour acheminer le gaz naturel à Goldboro, mais il transporte déjà 200 millions de pieds cubes par jour — sa capacité maximale.

Pieridae prévoit acheminer 800 millions de pieds cubes de gaz par jour au terminal Goldboro, et ce, pour le premier train seulement. Mais comment ? Selon Pascal Bergeron du groupe Environnement Vert Plus « nous croyons que la compagnie empruntera le même corridor […] pour construire un second tuyau presque deux fois plus gros ». Pieridae ne nie plus que cela sera nécessaire ; lors d’une conférence avec les actionnaires en avril, l’entreprise a contourné les questions à ce sujet.

Du gaz, oui, mais classique ou fracturé ?
Dans le cadre de l’entente avec Uniper, la banque allemande KfW a accordé à Pieridae un prêt de 4,5 milliards de dollars américains, mais à une condition : le gaz exporté ne doit pas être fracturé. Avec le déclin des réserves de gaz classique en Alberta selon l’Office national de l’énergie, Pieridae n’aura pas d’autre choix que d’exporter du gaz fracturé. Après tout, elle devra fournir un quota de 1,3 milliard de pieds cubes par jour.

Qui plus est, Pieridae transforme déjà du gaz fracturé au complexe de Caroline, qu’elle a acquis auprès de la multinationale Shell. Si l’Allemagne interdit la fracturation sur son territoire, elle ne devrait pas sous-traiter ce processus controversé à une entreprise tierce.

Un risque sur le plan financier
Quant aux ressources dont dispose Pieridae, le portrait est peu rassurant. La Régie de l’énergie albertaine vient de bloquer la vente des actifs de Shell à Pieridae, que cette dernière exploite déjà dans les contreforts de l’Alberta. Mais les dégâts environnementaux dans ces champs de gaz sont estimés à 500 millions de dollars : Pieridae pourra-t-elle encaisser la perte ? Déjà, des géants albertains comme Cenovus et Canadian Natural Resources s’opposent à cette transaction jugée trop risquée.

Lorsque la Régie de l’énergie albertaine a refusé la transaction avec Shell, l’action de Pieridae a perdu 20 % de sa valeur. L’entreprise a donc embauché la firme Maple Leaf Strategies (qui a contribué à la victoire des conservateurs) pour demander au gouvernement fédéral 1 milliard de dollars en fonds publics. Comme Seamus O’Reagan, ministre fédéral des Ressources naturelles, est particulièrement intéressé par le développement économique dans les Maritimes, les discussions vont bon train pour Pieridae.

Des citoyen·nes préoccupé·es
Publicisé à tort comme une alternative verte au charbon et au pétrole, le gaz naturel pose bel et bien des risques pour l’environnement. L’extraction de gaz acide entraîne des rejets toxiques, en plus de contaminer l’eau douce et de libérer du méthane dans l’atmosphère. Pour lutter contre le nouveau projet gazier de Pieridae, le militant en écologie sociale Alexandre Ouellet a fondé le groupe Goldboro, parlons-en ! à l’automne 2019. Des séances d’information aux communiqués de presse, le collectif militant en environnement cherche à sensibiliser la population québécoise à l’impact du projet Goldboro LNG, notamment en Estrie. « Nous avons déjà barré la route au pipeline Énergie Est de TransCanada, et nous promettons de récidiver contre le dédoublement du pipeline TQM dans le sud du Québec », affirme Alexandre.

Si cette initiative citoyenne vous interpelle, n’hésitez pas à aimer la page Facebook Goldboro, parlons-en ! Une pétition contre le projet gazier sera partagée sur cette page dans les prochaines semaines. Écrivez-nous goldboro.estrie@gmail.com !


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