LA FRAGILITÉ BLANCHE

8 février 2021Jean-Sébastien Houle
Catégories :Histoire | Politique | Racisme | Réflexions

IL Y A QUELQUES ANNÉES, PAR HASARD J’ÉTAIS TOMBÉ SUR UN ARTICLE ET UNE VIDÉO CONCERNANT LA DÉSÉGRÉGATION DES ÉCOLES AUX ÉTATS-UNIS. CELLE-CI ÉTAIT PORTÉE PAR LE “AFFIRMATIVE ACTION IN THE UNITED STATES” (ENSEMBLE DE LOIS, POLITIQUES, DIRECTIVES ET PROCÉDURES ADMINISTRATIVES DEPUIS L’ADMINISTRATION ROOSEVELT DE 1933-1945) AINSI QUE LE “CIVIL RIGHTS ACT” DE 1964. DANS UNE ENVOLÉE PASSIONNÉE SUR L’IMPACT DES RÉCENTES ACTIONS EN COURS CIVILES QUI TENDENT À ACCENTUER LA SÉGRÉGATION… J’AVAIS ENDORMI (EH) MON INTERLOCUTRICE (MA COPINE).

Pour souligner le Mois de l’histoire des Noir.e.s et fort de cette expérience « passionnante », je me questionne sur ce que je peux faire pour réduire les inégalités. Ou encore, est-ce que je peux me questionner pour améliorer ma compréhension des comportements jugés racistes ?

Récemment, j’ai été interpellé par la notion de « Fragilité Blanche » avec la sortie (en septembre 2020) de la traduction française du livre de Robin Diangelo « Fragilité Blanche: ce racisme que les Blancs ne voient pas. » (version originale « White Fragility: Why It’s So Hard for White People to Talk About Racism » – juin 2018) .

Dans la revue de la Ligue des droits et liberté, l’article d’Alexandra Pierre (mars 2017(1)) présente la Fragilité Blanche comme un « état émotionnel intense dans lequel se trouvent les personnes blanches lorsqu’une [sic] personne racisée critique certains de leurs comportements jugés racistes. Cet état est caractérisé par des réactions vives, défensives, voire [sic] violentes ».

Recevoir un critique en se faisant dire qu’on a fait quelque chose de mal, déplacé, méchant, etc. je peux trouver ça désagréable parfois… Mais si c’est bien fait, ça n’a rien de désagréable habituellement. Si cela cible mes actions, paroles et/ou écrits, je peux le prendre si c’est fait avec un doigté et savoir vivre. Bien que certains sujets soient plus difficiles à aborder et risquent de provoquer des fortes émotions désagréables, si mon interlocuteur est empathique, on va apprendre à se « gérer ». Peut-être trouvera-t-il des moyens d’adoucir le choc… me rassurer ? On n’aime pas penser que l’on est de mauvaises personnes pas vrai ?

Dans ce concept de Fragilité Blanche, on note que « la fragilité blanche provoque souvent un retournement de situation : la personne racisée se retrouve à rassurer la personne blanche – qui se sent coupable ou injustement accusée – et doit apaiser ses craintes sur le fait qu’elle est « une bonne personne » »(2). Peut-être que se sentir mal ne permet pas d’entendre la personne dans ce qu’elle vit. Un cercle vicieux s’installe où « la fragilité blanche permet de réduire au silence la personne qui fait la critique, de la remettre à sa place. »(2) Finalement … on n’arrive pas vraiment à entendre pour dialoguer.

C’était la première fois que je m’arrêtais au fait que (vu que je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai vécu incident dû à ma couleur de peau !) possiblement « les personnes blanches sont rarement confrontées au racisme : elles peuvent facilement éluder le sujet. Elles sont donc généralement inconfortables lorsque la question est abordée sans détour. Par ailleurs, la fragilité blanche sous-entend qu’une « bonne personne » ne peut être raciste, que le racisme recouvre des comportements conscients et intentionnels »(2).

Peut-être que la sagesse du temps et certains points de vue partagés m’ont amené à me remettre en question ? D’ailleurs, le livre de Robin DiAngelo a piqué ma curiosité avec – ma traduction libre plus mordante de – son titre original : Fragilité blanche : pourquoi est-il si difficile pour les Blancs de parler de racisme.

Pour 2021, je mets ce livre dans mes objectifs de lecture! Pour les intéressés qui voudraient en savoir plus, allez parcourir le site de la Ligue des droits et libertés: « Fondée en 1963, la Ligue des droits et libertés (LDL) est un organisme sans but lucratif, indépendant et non partisan, qui vise à faire connaître, à défendre et à promouvoir l’universalité, l’indivisibilité et l’interdépendance des droits reconnus dans la Charte internationale des droits de l’Homme. »

Si un jour les inégalités tombent, je pourrai trouver une autre façon d’endormir les gens : parler de ma fascination pour les Lawn Jockey peut-être ? 😉


Références:
(1) Revue Droits et libertés, Vol. 35, numéro 2, automne 2016
(2) https://liguedesdroits.ca/lexique/fragilite-blanche/


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