LES LANGAGES SECRETS

10 février 2021Alberto Quero
Catégories :Fiction | Lecture | Littérature

Elle cherche un livre à propos des fleurs. Elle sélectionne un au hasard. Le livre est écrit en une langue qu’elle ne connait pas. Cela ne l’importe pas, elle aime les illustrations et s’endort tandis qu’elle feuillète les pages.

Soudainement elle se lève. Sans savoir pourquoi, elle a le besoin d’aller au bord de la mer. Pour quoi ? il n’y a pas de fleurs là-bas. Un homme va à une plage. Il s’assoit sur le sable. Le printemps est déjà rentré et il y a du soleil. Il veut faire un voyage de l’autre côté de la mer, pour visiter des pays où il n’a jamais été et il s’endort tandis qu’il garde les vagues.

Quand il se réveille, il a envie de lire un atlas pour connaitre les terres lointaines. Il se lève et il décide d’en chercher un. Mais où ça ?

À mi-chemin, ils se rencontrent.

Ils ne s’étaient jamais vus, mais ils se reconnaissent.

– Je suis revenu, je suis revenu pour toi , dit-il, mais j’ai oublié ton nom.

– Ne t’inquiète pas, répond-elle j’ai aussi oublié ton nom, mais je t’attendais.


MASCOTTE

Dans un lointain pays du tropique, un ours transparent habite. Chaque matin, il guette sur les rivages d’une rivière argentée, brillante comme une aurore boréale. Léger comme un ange, il se dédie à chasser les poissons translucides qui montent par une cascade oblique et scintillante. Habile comme un fantôme, normalement il se cache entre des pins polis à l’émeri, qu’aucun traité de botanique n’enregistre.

Il n’y a pas longtemps, sans grande pudeur ni discrétion, l’ours a décidé de devenir ma mascotte. Et j’ai accepté sous la condition qu’il m’apportât un poisson à forme de prisme pour le manger et faire que mon sang acquière la couleur de l’arc-en-ciel.

Une fois, il a réussi. Doucement, il a cogné ma porte et a déposé une truite translucide sur la table de la cuisine. Et je l’ai mangée cuite au four.

À partir de ce moment, nous sommes devenus des amis très chers. Avec beaucoup d’attention et courtoisie, il m’écoute pendant les heures mortes de l’après-midi. De fois je sors ma guitare et nous chantons des balades tristes, qui parlent de mes amours perdus et des femmes qui m’ont déjà oublié. Plus tard, il retourne à son foret de verre.


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