ARSENAULT ET FILS

17 juin 2022Souley Keïta
Catégories : Chronique , Cinéma

Une critique sans (trop) divulgâcher.

Le chasseur chassé.

Un thriller commence toujours par un premier battement de cœur, tel le premier coup de baguette qui se dépose sur la grosse caisse d’une batterie. 

De ces battements de cœur qui deviennent au fur et à mesure intempestifs, notamment lorsqu’en tant que spectateur, on dévore des éléments que les personnages n’ont pas en main. Au travers de cela, le spectateur doit attraper, trier les bonnes ou les mauvaises questions qui surgissent à mille à l’heure et sur lesquelles il faut vite se positionner malgré nos incertitudes qui en découlent.

Par la suite, ces frénétiques battements de cœur nous placent dans la peau du chasseur en quête du moindre indice et dans « le savoir quoi voir » d’un récit, tout en évitant de se laisser berner par un scénariste, par le réalisateur ou par les personnages. 

En somme, le thriller est une gymnastique du visuel qu’on aime maîtriser en se pensant parfois trop malin…  Et pourtant ce qui devait arriver arriva, on se fait piéger. 

Si on arrive à cette conclusion du spectateur chasseur qui est chassé, c’est que le réalisateur a réussi son coup de maître.

Dans ce jeu de tension cinématographique, les battements de cœur ne pouvaient pas mieux s’annoncer avec Arsenault et fils de Raphaël Ouellet, qui signe une chasse effrénée avec ce thriller haletant. 

Je vous le dis, ça va à mille à l’heure.

« Arsenault un jour, Arsenault toujours. »

Le réalisateur, attaché à sa terre du Témiscouata, revient 9 ans après Finissantes avec une œuvre pleine de maîtrise et un sujet qui est encore peu exploré : le braconnage au Québec.

Dans un village de Témiscouata-sur-le-Lac, la famille Arsenault exerce depuis des générations le braconnage en revendant la viande illégale dans des marchés clandestins sous couvert d’un garage qui cache bien des affaires. Pourtant, Adam, le fils aîné décide de reprendre son destin entre ses mains en prenant de la distance avec ce bizness illégal, et par la même occasion, avec sa famille. 

J’aime dire que le cinéma est avant tout l’idée de ne pas y voir un acteur, mais avant tout on vit avec un personnage auquel on croit. Un personnage qui nous amène non pas dans un simple récit, mais dans son histoire, dans sa vie et une fois de plus, pour ce film, on devient un Arsenault ou on le renie. Outre la présence indéniable de Guillaume Cyr, Karine Vanasse et Luc Picard, on soulignera la composition offerte par Pierre-Paul Alain, qui est le régulateur de notre tension. Cette tension qui montre à quel point on se méfie d’un personnage tant il est incontrôlable. Oui, la direction d’acteurs y est pour beaucoup, mais c’est un ensemble.

Il me plaira forcément de revoir le film de Raphaël Ouellet !

Le film sort à La Maison du Cinéma dès ce vendredi 17 juin et je vous invite à vivre à travers un film qui fera beaucoup parler de lui, en bien.


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