Liberté

24 août 2022LEM
Catégories : Culture , Poésie

Lorsque tout sera terminé
que notre Terre minée de nous dira ouf
que nos souvenirs descendront les rivières en cendres
aux côtés des derniers arbres que nous n’aurons su défendre que les secondes défileront en n’ayant jamais autant comptées que nos besoins défieront nos envies
qu’on réalisera, résignés, que l’on tient à la vie
je saurai encore dire merci pour t’avoir rencontrée

lorsque les flammes ne jailliront plus d’outremer
que les eaux stagneront entre ciel et terre
que seront terrassés les derniers oiseaux
qu’il ne restera plus assez d’humains pour remplir un hameau
que les mots en sourdine ne s’ébruiteront plus que par l’écho des hiers qu’on s’époumonera à demander pardon

que même nos poumons ressentiront la soif des glaciers
qu’on s’aveuglera dans la poussière des plaines solitaires
qu’on étanchera le jus des derniers conifères
je saurai encore m’émerveiller devant tout ce qui nous a été offert naguère

quand les sages auront perdu la foi
que les lois auront été abrogées, faute de peuples pour les suivre que l’inutilité des frontières aura été consentie
que nos canons auront cessé de tirer sur les âmes déjà blessées que les étoiles n’auront plus un nuage pour se fondre dans l’intimité

il me restera l’azur de tes yeux crépusculaires
le baume de tes baisers sur mes paumes écorchées l’arôme de ton cou, ton poul sous la jugulaire
la recrudescence de notre instinct de survie

et là, je saurai que je ne savais rien
que les certitudes sont accordées aux sots pour mieux sauter les yeux bandés que les habitudes doivent être reconsidérées avant qu’on en soit sidéré
que les émotions ne sont pas toujours la réalité
que derrière la porte des questions, il n’y a pas une réponses mais des milliers de possibilités

je m’apprêterai à mourir et je me souviendrai que tu auras depuis toujours été mon idée fixe
la lumière de mon styx

je t’aimais parce qu’à défaut de s’appartenir on ne s’abandonnait pas mais, aujourd’hui, je ne sais plus rien

je crois que tu n’existes pas vraiment
tu m’offres des choix limités attisant ma véhémence
des options qui n’en sont pas mais qui ont de l’élégance
je lutte vainement contre la mort comme j’ai combattu ma vie et dans les deux cas, tu n’as fait qu’à ta guise

je t’aime comme je te hais Liberté chérie


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