JEAN-LUC GODARD, artiste ou homme immortel?

20 septembre 2022Souley Keïta
Catégories : Chronique , Cinéma

La Nouvelle Vague n’est plus, vive La Nouvelle Vague!

Quels souvenirs on laisse derrière nous ? C’est une question qui revient sans cesse. Notamment lorsqu’on plonge dans ces souvenirs qui nous mentionnent que nous avons marqué un art, une époque ou des époques qui s’inscrivent dans la mémoire collective ou simplement dans celle des cinéphiles comme moi. Il est indéniable de souligner que lorsque on évoque Jean-Luc Godard, en compagnie d’Agnès Varda, de François Truffaut, d’Éric Rohmer, de Claude Chabrol, de Jacques Rivette, Alain Resnais, Jacques Demy, ils et elle ont révolutionné le cinéma à travers ce que l’on va appeler La Nouvelle Vague, un des mouvements les plus influents de l’histoire du cinéma. Petit rappel, La Nouvelle Vague, née à la fin des années 50, est une manière révolutionnaire de toucher au cinéma et de le filmer, que ce soit par l’utilisation de la caméra en arborant de nouvelles techniques (le mémorable travelling latéral entre Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans Le Mépris de Godard). Mais pas uniquement, car ce cinéma se fait l’étendard d’une société en réaction aux tumultes de l’époque, que ce soit avec la Guerre d’Algérie, la censure, mai 68 (qui va annuler pour la première fois le Festival de Cannes) en y insufflant un vague de liberté. Cette vague de liberté passe, entre autres, par sortir des studios en filmant des décors réels. Dans mon partage de 5 films sur la cinquantaine de films réalisés, un choix totalement subjectif, Jean-Luc Godard a coupé le souffle de son époque et de celles qui s’en viennent nous laissant des films immortels tels que À bout de souffle (1960) avec les regrettés Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo, Le Mépris avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli et Fritz Lang, Une femme est une femme avec Anna Karina et Jean-Paul Belmondo, Pierrot le fou avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina. Je n’oublie pas Alphaville avec Eddie Constantine et Anna Karina (vous l’aurez compris sa muse). 

Le dernier de la bande

J’évoquais les souvenirs qu’on laisse derrière soi, Jean-Luc Godard est le dernier de cette bande à part qui nous quitte et qui me laisse deux souvenirs. De ce souvenir triste, il est celui d’un homme coupé d’une réalité et qui va faire pleurer de tristesse son amie la grande Agnès Varda. Dans le film Visages Villages (2016), co-réalisé avec JR, la réalisatrice veut voir son ami de très longue date, Jean-Luc Godard lui laissera un message sur sa porte « à la ville de Douarnay », ville où ils allaient souvent manger tous les deux avec Jacques Demy. C’est ce même message qu’il lui avait envoyé lorsque son époux, réalisateur des sublimes Les parapluies de CherbourgLes demoiselles de Rochefort, s’est éteint en 1990.  De ce souvenir joyeux, j’ai été comblé de vivre pour la première fois cette expérience d’un de vos films dans une salle obscure, de me nourrir d’un des artistes qui a posé une pierre à l’édifice d’un art que j’adule. J’ai pu me délecter de son film dramatique et expérimental, son avant-dernier, Adieu au langage (2016). Je préfère toujours dire un adieu sur une note positive, et votre cinéma l’est. Adieu Monsieur Godard, l’artiste immortel.


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