Le retour fracassant d’Évelyne Beaudin

1 février 2024Sylvain Vigier
Catégories : Caricature , Éditorial , Opinion

A priori, cela aurait dû être une journée tranquille. Festive même peut-être. Mardi 23 janvier, Évelyne Beaudin retrouvait son siège de mairesse au conseil municipal de Sherbrooke pour un retour progressif après presque trois mois complets de mise en retrait de la vie municipale pour raison de santé psychologique. Mais ce même matin, le conseiller du district du Golf Marc Denault annonçait en conférence de presse sa démission de son poste de président de la STS qu’il occupe depuis maintenant déjà 14 ans. La raison de sa démission vient du refus d’Évelyne Beaudin de l’inviter à une rencontre avec la ministre des Transports provinciale Mme Geneviève Guilbault alors même que le Directeur général de la STS serait lui présent. Le directeur de cabinet de la mairesse Steve Roy expliquait que la raison venait de la ministre elle-même, qui souhaitait une rencontre en « comité restreint ». On apprendra par la suite, de la bouche de la ministre elle-même, que ceci était faux et que jamais, ni elle ni son équipe, n’avait demandé que la rencontre se fasse sans M. Denault. Pris la main dans le sac, le cabinet d’Évelyne Beaudin n’avait plus d’argument, et donnait raison à la démission de Marc Denault car, selon ses mots, « n’ayant plus la confiance et le respect de la mairesse ». Pour un conseiller de la trempe et avec l’expérience d’un Marc Denault, pour qu’il en soit venu à démissionner de son poste, c’est bel et bien que la coupe était pleine et qu’il savait qu’il n’y avait plus rien à attendre d’une quelconque collaboration avec la mairesse et son cabinet.

On ne versera pas de larmes sur le sort de Marc Denault, qui a lui aussi su naviguer dans l’appareil municipal depuis plus de 20 ans entre roublardise et sourires faux et que vous n’avez très certainement jamais croisé dans un bus après 14 ans à présider la société de transport (et depuis 2 ans, l’Association du transport urbain du Québec – ATUQ). Par contre, on peut se poser ouvertement la question s’il y a un problème avec Évelyne Beaudin ? Parce que maintenant, la liste des problèmes liés à un comportement directif, contrôlant, voir autoritaire de la mairesse Beaudin commence à être longue : congédiements de son directeur de cabinet et co-fondateur de Sherbrooke Citoyen Claude Dostie ; renvoi du comité exécutif de la conseillère Annie Godbout ; accusation d’inaptitude puis fin de contrat (et mise sur la glace du projet) de la secrétaire à la participation citoyenne. Si l’élection de Sherbrooke Citoyen et de la mairesse Beaudin ont apporté un enthousiasme et un vent de fraicheur réel au conseil municipal et dans la ville, ça n’est certainement pas pour avoir à sa tête une personne qui se comporte et se pense en monarque avec la science infuse. En particulier quand on s’est fait élire sur une réforme de la gouvernance et l’intégration de la participation citoyenne dans les processus de décision de la ville. On peut soutenir une politique tout en restant critique et attentif à la façon dont cette politique est mise en œuvre.

Jusqu’à présent, aucune voix provenant de Sherbrooke Citoyen ne s’est exprimée publiquement sur le cas Évelyne Beaudin. Aucun·e conseil.lère ou membre du parti ne l’a critiquée publiquement pour ces agissements. Mais on constate également que personne n’est venu non plus la soutenir lorsque son comportement était mis en cause. Son congé médical s’est même fait dans un silence poli voir gêné, comme si on entendait en sous texte « ouf, enfin des vacances pour tout le monde ». Alors, peut-être qu’il n’y a pas de problème avec Évelyne Beaudin, et dans ce cas une sortie des élu·es de Sherbrooke Citoyen serait la bienvenue, par exemple pour éteindre l’incendie Marc Denault. Mais s’il y en a un, il serait temps que les élu·es et membres du parti s’exprime sous peine de se retrouver à la veille de l’élection avec une candidate à sa réélection à la mairie qui sera devenue indéfendable. Pour éviter que Sherbrooke retombe sous la coupe de la clique libérale du business as usual des années 50, on se le souhaite également.

Caricature de la rédaction


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