Renelle et Les coïncidences d’un destin
D’une édition à l’autre, suivez les différents épisodes tirés d’une histoire vécue qui se succèderont et vous feront vivre une histoire invraisemblable.
6. Écrire à ma mère
À la fin de l’épisode 5, j’avais appris où habitait ma mère…
J’avais hâte d’être revenue à la maison et appeler mon beau-père, mon plus fidèle confident, pour lui raconter ce qui venait de se produire. Ce fut pour lui tout un choc d’apprendre que ma mère était toujours vivante, que je savais maintenant où elle habitait, et que j’avais des frères et une sœur !
Je peux te dire que ma nuit n’a pas été de tout repos. J’ai vraiment pensé à toute cette histoire qui venait de se dérouler sous mes yeux et je me disais : « Voyons, est-ce que cela est vraiment possible ? » Mais oui, toute cette aventure venait de m’arriver. Alors, si ma mémoire est bonne, la semaine suivante nous étions repartis pour Thetford. À vrai dire, pour Adstock, un très beau village, pour retracer ma mère.
Bien évidemment nous revoilà devant chez elle. Mais encore, elle n’y est pas. J’ai quand même aperçu quelques vêtements accrochés sur sa corde à linge, ce qui me laissait croire qu’elle y vivait. On s’est promené tout autour du lac, nous avons vu quelqu’un marcher, une dame d’un certain âge, je me suis demandé si ce n’était pas elle, je ne savais pas. Nous sommes passés encore et encore devant chez elle, et même un peu plus tard, pour voir si on ne verrait pas une voiture, ou elle-même. Mais rien ! Nous sommes même restés devant sa maison pour tenter d’attirer son attention, au cas où elle aurait été là, pour peut-être que je la vois à travers la fenêtre. Mais toujours rien ! Ma fille a pris quelques images avec sa petite caméra mais nous sommes repartis bredouilles.
Comme je sentais que le temps était compté, je devais absolument entrer en contact avec elle, et ce, le plus rapidement possible. Mais comment faire ? Cette femme de 82 ans, voulait-elle savoir ce que j’étais devenue ? Ce n’est pas si facile, je me suis dit : « Je ne peux pas arriver chez elle et cogner à la porte et lui dire bonjour, voilà c’est moi, votre fille que vous avez abandonnée il y a 47 ans. » Je ne pouvais pas m’introduire de cette façon, je devais absolument trouver une manière d’entrer en contact avec elle, et ce, le plus délicatement possible.
Elle n’était tout de même plus très jeune. J’ai eu plusieurs idées, comme parler avec son médecin pour savoir si elle était assez en forme pour recevoir ce genre de nouvelle. Mais non, il y a la confidentialité. Alors je me suis dit que peut-être, si elle était pieuse, le curé de sa paroisse pourrait m’aider. Tu sais, j’ai le tour avec les curés ! Mais il y avait trois curés et aucun d’eux ne semblait la connaître. Elle ne devait pas être pieuse, ce qui m’aurait bien surprise. Alors pas simple ! J’ai même pensé à l’âge d’or mais rien non plus. Après, je me suis dit qu’il y avait la famille, mais tout cela était quand même délicat.
La mère d’un de mes amis qui avait laissé deux enfants en adoption m’a dit : « C’est avec elle et avec personne d’autre que tu dois entrer en contact. » Alors je me suis dit que la meilleure façon d’entrer en contact avec elle, ce serait de lui écrire une lettre. Ce que j’ai fait, j’ai rédigé une lettre bien écrite de cinq pages.
Mais je ne pouvais pas lui laisser dans sa boîte aux lettres, elle n’en avait pas. Elle avait un casier postal, dont malheureusement je n’avais pas le numéro. Un numéro de casier postal, c’est comme un numéro d’assurance sociale. On ne peut pas avoir cette information facilement.
Comme j’avais quand même son adresse civique, je me suis dit que je pourrais lui faire parvenir cette lettre par un coursier. Et comme ma fête approchait, le meilleur moment pour lui envoyer serait quelques jours avant, pour qu’elle la reçoive pile le 15 novembre. Une mère n’oublie sûrement pas la date d’anniversaire de son enfant abandonné !
Lire la suite dans la prochaine édition d’Entrée Libre : Épisode 7 | En attente d’une réponse.





