Trappes à bébés

12 février 2026
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L’Association Sternipack en Allemagne

Dans les années 50, nombreux sont les enfants à avoir été abandonnés devant les portes des couvents ou des hospices. Avec la connaissance des méthodes contraceptives et l’existence d’organismes spécialisés dans les cas d’adoption, les femmes d’aujourd’hui sont mieux encadrées et les bébés ne connaissent plus de tels sorts… Erreur! En Allemagne, au cours de l’année 1999, le corps d’un bébé a été retrouvé dans une poubelle et un autre est mort de froid sur le balcon d’un appartement. En tout, 40 bébés ont été abandonnés. Seulement la moitié d’entre eux ont survécu. C’est pour remédier à ce problème que l’association Sternipark a créé les « trappes à bébé ».

Sternipark est une association privée qui soutient l’Aide à la jeunesse d’Hambourg. Elle offre une aide à l’éducation aux jeunes qui ne peuvent plus vivre chez leurs parents. Les mères en difficulté peuvent aussi y trouver le soutien qui leur est nécessaire. C’est après avoir constaté que certaines d’entre elles, voulant cacher leur grossesse et leur accouchement, ne pouvaient pas bénéficier de cette aide que Heidi Rosenfeld, de Sternipark, a mis sur pied le projet Findel baby. Les fameuses trappes étaient nées.

« Babyklappes »

En Allemagne, on compte 24 « babyklappes », toutes situées devant des centres pour enfants. Elles sont faites d’acier et mesurent 30 cm sur 70 cm. Les trappes, qui s’actionnent un peu comme un vide-ordures, ne s’ouvrent qu’une seule fois. Si elles en ont besoin, les mères peuvent consulter la petite feuille d’information qui s’y trouve. Elles peuvent aussi, à l’aide d’un tampon, prendre l’empreinte du pied ou de la main du bambin, afin de conserver un souvenir du bébé. La caméra de surveillance est installée dé manière à ce que la personne qui dépose le bébé conserve son anonymat. Pour rendre la trappe chaleureuse, une couveuse, une couverture et un petit nounours accueillent le nouveau- né. C’est le cri de ce dernier qui déclenche l’alarme permettant au gardien de nuit de prévenir deux collègues responsables. En moins de dix minutes, ils sont sur les lieux. Après une visite à l’hôpital, l’enfant, s’il est en bonne santé, est placé chez des parents nourriciers qui s’occupent de lui bénévolement durant huit semaines. Durant cette période, la mère peut réfléchir et contacter Sternipark, si elle décide de récupérer son enfant. Dans le cas contraire, l’enfant sera placé en adoption.

Depuis l’installation des « babyklappes », aucun bébé n’a été abandonné dans la rue ou dans d’autres lieux dangereux. Par contre, les mères semblent jusqu’à maintenant avoir accouché sans aide médicale, ce qui comporte de très hauts risques pour elles et leurs enfants. « Nous avons beau avoir les services sociaux les plus performants au monde, les femmes qui sont vraiment en difficulté nous échappent », affirme le chargé des affaires sociales de la municipalité de Hambourg, Herbert Wiedermann. Conseiller au département de l’Institut universitaire des centres jeunesses du Québec, Michel Carignan, se dit surpris qu’une situation pareille existe dans un pays qui, au 2 1 e siècle, est classé parmi les plus riches du monde. Il soupçonne un manque d’ouverture d’esprit de la part de la population allemande pour expliquer le phénomène. Selon lui, « au Québec, les cas de ce genre étaient fréquents dans les années 50, mais depuis, rares sont les situations où l’abandon peut mettre l’enfant en péril ». Jusqu’à maintenant, les trappes à bébés ont permis de sauver de nombreuses vies. C’est ainsi que Ronja, Aima, Rasmus, Michel, Pelle et Lotte, tous âgés entre deux heures et dix jours lors de leur abandon, ont été sauvés, puis placés en adoption. Leurs prénoms sont tous tirés de l’oeuvre d’Astrid Lindgen, auteure de Fifi Brindacier…

Source : SYNNÉTT, Cind. « Trappes à bébés », L’Esprit Simple, avril-mai 2002, vol. 3, n° 4.

 

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