Fini le silence et l’inexistence!

1 avril 2005

La grève étudiante

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire un texte sur la grève étudiante, je me rendis compte que naissait en moi une certaine incertitude. En tant que Lettré de Littérature, je me dis que je devrais troquer mon Esprit de fiction pour me faire l’Observateur de La Vérité. Je tentai par plusieurs rituels d’invoquer l’Objectivité omnis­ciente digne des illuminés de la journalistique. Après maints échecs, je me rabattis alors sur une subjectivité, produit de l’esprit populaire, et oubliai de ce fait même ma quête de La Vérité. Un jour peut-être trouverais-je le moyen d’atteindre l’état psychique propre à l’Être Objectif mais pour l’instant, chers lectrices et lecteurs, j’espère que vous pourrez tout de même apprécier ma vision de ce moment historique.

Après un silence d’un an de la part d’un gouvernement qui ignorait totalement les de­mandes d’une jeunesse lucide et visionnaire, après l’absence de commission parlementaire sur l’éducation, après l’impo­sition de lois régressives de façon antidémocratique et la liste serait encore bien longue, je crois qu’il devint incontour­nable qu’une grève générale illimitée ait lieu. De ces faits, les Facultés d’éducation, de philosophie, éthique et théo­logie, de médecine, d’environ­nement, de mathématiques, de lettres et sciences humaines et la majeure partie des 2e et 3e  cycles universitaires de l’Uni­versité de Sherbrooke partici­pèrent donc à ce mouvement de contestation nationale.

Participation à la vie démocratique

Outre les manifestations, ac­tions symboliques, occupations de lieux gouvernementaux et autres actions très médiatisées, une mouvance d’implication, de solidarité et d’autogestion s’est consolidée à l’intérieur de ce mouvement de grève massif et vient constituer une réelle force d’avenir.

Que ce soit par un bed-in d’un mois à l’intérieur de la Faculté des lettres et sciences humai­nes et de sa cafétéria populaire qui a nourri des centaines de bouches pendant ce mois, des tables rondes et conférences prenant la forme d’éducation populaire ou bien encore des centaines de réunions pour propulser le mouvement de grève, je ne suis pas gêné d’avancer que la jeunesse estrienne a pris conscience de la force de la démocratie et de la participation.

Ce n’est qu’un début continuons le combat !

Je lève mon chapeau à notre gouvernement à tendance très conservatrice qui par son absurdité et son manque de concrétisation a pu pousser la jeunesse et, nous l’espérons tous, le reste de la population québécoise à prendre en main un Québec qui ne veut plus de politiques néo-libérales régres­sives et appauvrissantes. Un peuple qui ne veut plus vendre sa culture, prostituer sa politi­que, avorter son avenir et devenir aussi inexistant, fade et absurde que ceux qui disent le représenter. Notre victoire n’est pas légendaire, mais nous sommes fiers de nos petites batailles et de leurs victoires. Nous avons pris goût aux rêves et aux utopies et nous récidiverons. Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

Par Francis Poulin • Étudiant à la Faculté des lettres et sciences humaines

 

 

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