Une région bien particulière
Dans ce deuxième article d’une série de trois, je vais tenter de faire un survol avec vous d’une région bien particulière de la Colombie, le Chocó. Une région dans laquelle j’ai eu l’honneur de mettre les pieds dans le cadre d’un accompagnement international pour le PASC (Projet d’Accompagnement Solidarité Colombie).
Située entre l’océan Pacifique, l’océan Atlantique et la frontière du Panama, cette région a la réputation d’être l’Afrique de la Colombie due à la pauvreté extrême, au manque de développement et à une culture africaine et métisse majoritaire. Elle est aussi une zone avec une très grande biodiversité et en proie à des violences incessantes. Pour vous donner un exemple plus clair sur ce qui se passe là-bas, je vais prendre le temps de vous expliquer la situation des communautés situées au bord de la rivière Jiguamiendo, les zones humanitaires en processus de résistance civile pour la vie, le territoire, la dignité et l’autodétermination.
La loi du plus fort
« En 1997, sous prétexte de la présence de la guérilla de la FARC-EP dans le département du Chocó, une vaste opération militaire, nommée « Opération Genesis », s’est déployée, […] Alors que des hélicoptères des forces aériennes bombardaient toute la région, des groupes de paramilitaires identifiés comme AUC (Autodéfenses Unies Colombiennes) et des militaires de l’Armée procédaient à une incursion dans les villages de la population civile. Ils ordonnaient aux gens de quitter le territoire et assassinaient tout en brûlant maisons et récoltes. Les communautés de la rivière Jiguamiendo et celles du Cacarica étaient parmi les centaines de communautés qui ont ainsi dû fuir leurs villages. »
Mais, ce qui était la raison principale de cette opération extrêmement violente, fut en réalité le déplacement de la population civile, qui habitait sur ses terres ancestrales protégées par une loi, pour la diriger vers les villes afin d’utiliser leurs terres pour y implanter la monoculture de palme africaine ( type d’arbre avec lequel on produit l’huile de palme présente dans bien des aliments que nous mangeons). Cette opération ne fonctionnera pas totalement et la population civile décidera plus tard de commencer à exploiter la terre de façon illégale.
Communautés en résistance civile
Sept ans après ce déplacement forcé, les crimes commis lors de l’« Opération Genesis » restent toujours impunis. Ce n’est que vers la fin de l’année 1999 et le début de l’année 2000 que les communautés retournèrent graduellement vers leurs terres ancestrales. Elles décidèrent de s’affirmer en tant que population civile en résistance pour le droit à la vie et au territoire. Mais, à cause du conflit armé qui sévit en Colombie depuis près de cinq décennies, les communautés en résistance civile sont sans cesse victimes des actions commisses par des militaires et des paramilitaires. Ceux-ci les terrorisent par le biais d’incursions armées dans les villages et d’assassinats sélectifs pour les forcer à abandonner leur territoire, permettant ainsi que des compagnies puissent s’y installer et l’exploiter. Par ailleurs, ils tentent de séduire les communautés avec des promesses de développement et de les convaincre d’abandonner leur mode de vie traditionnel pour devenir une main-d’œuvre bon marché dans les plantations de palmes africaines.
La violence continuelle, le manque de respect des lois, des droits humains et des droits internationaux humanitaires de la part des militaires et paramilitaires ont fait en sorte que ces communautés prirent certains mécanismes de protection. L’accompagnement international est là pour en assurer le succès.
Pour conclure, je vous conseille fortement d’aller sur le site du PASC pour avoir plus de détail sur ce que vivent les gens là-bas, pour savoir ce que fait cette organisation indépendante montréalaise et/ou pour faire un don qui va directement aider les communautés.





