Jean Perreault élu par 24 % de la population inscrite!

1 Décembre 2005

Élection municipales 2005

Même si les dernières élections municipales étaient une première historique, en ce sens qu’elles se sont tenues en même temps partout au Québec, il semble que cela n’a pas stimulé les électeurs-électrices à voter davantage. Le taux de participation est un des plus bas enregistrés ces dernières années et Sherbrooke ne fait pas exception avec un taux d’environ 45 %. Pourtant, comme nous le soulignions dans un numéro précédent, plusieurs questions importantes pour le « quotidien » des gens ainsi que pour le développement de la communauté à long terme, découlent de poli­tiques et règlements sous la responsabilité des municipalités.

Comme tout le monde à Sher­brooke, l’on ne peut que cons­tater l’élection de Jean Perreault à la mairie, et ce, mal­gré sa relative représentativité. Nous nous garderons de blâ­mer les personnes qui « osent » se présenter à des élections quelles qu’elles soient (fédé­rales, provinciales, municipales ou scolaires), puisque celles-ci participent à alimenter la vie politique et les débats sociaux. Nous interpellons les citoyens et citoyennes qui n’ont pas posé un geste qui demande peu de temps peu et qui contribue à une meilleure représen­tativité. Bien sûr, il se­rait facile de justifier cet état de fait (nous pourrions y contri­buer aisément) mais, fondamenta­lement, n’est-ce pas là une façon facile de se « défi­ler » de ses respon­sabilités ?

L’appui réel

Sur les résultats à la mairie de Sherbrooke, on constate que l’appui réel à Jean Perreault se situe qu’à 23,7 % des électrices et électeurs inscrits sur la liste électorale (25 687 sur 108 273), excluant les bulletins rejetés. N’oublions pas que plusieurs personnes en âge d’exercer leur droit de vote sur le plan municipal, ne prennent même pas la peine de s’inscrire. Nous pouvons en déduire que le pourcentage réel de la popu­lation ayant soutenue Jean Perreault est en-dessous de ce 23,7 %. Il serait intéressant et révélateur d’effectuer le même type d’analyse pour chacun des arrondissements.

Un peu de positif…

Un élément porté depuis plu­sieurs années par certains or­ganismes (particulièrement des groupes de femmes), est la place des femmes dans les différents lieux de représen­tation, dont les conseils mu­nicipaux. À cet effet, la repré­sentation féminine en Estrie a un peu progressé passant de 126 à 141 conseillères et son augmentation de 12 % est un signe encourageant même s’il demeure encore faible avec un taux d’environ 26 %. À la mairie, le pourcentage de fem­mes est demeuré le même, c’est-à-dire 13 %. A Sher­brooke, cinq (5) femmes oc­cupent des postes de con­seillères sur 19 postes.

Un autre élément positif est la venue de plusieurs jeunes lors des élections municipales de novembre. Arrivée un peu sur le tard, leur présence a eu le mérite de relancer certains débats et d’interpeller des can­didats et candidates sur leur bilan politique des quatre der­nières années.

Pistes de réflexion

À la lumière de ces données, il nous apparaît qu’un débat s’impose sur le type de démarche électorale appliquée au Québec. Dans l’optique d’une présence de partis politiques sur la scène municipale, (particulièrement quand les villes deviennent de plus en plus importantes en terme de population et que les élections municipales se teindront dorénavant partout en même temps au Québec) ne devrait-on pas appliquer la représentation proportionnelle et réserver un poste pour la personne porte-parole (ou cheffe) du parti d’opposition ?

De même, ne serait-il pas temps de mettre les questions dé­mocratiques (politique et élec­torale) à l’agenda de la forma­tion des élèves du secondaire et du Cégep ? Ne devrait-on pas effectuer plus d’éducation et de sensibilisation auprès du public sur ces questions ? Sans prendre position, il semble évident qu’il est nécessaire de procéder à une démarche de réflexion devant aboutir à une réforme de notre façon d’exer­cer notre droit de vote.

Malgré les promesses et les beaux engagements électoraux pris par nos élues/élus muni­cipaux, la population et les différents organismes du mi­lieu sherbrookois se doivent d’être vigilants face aux déci­sions qu’ils prendront, parti­culièrement sur les questions sociales (pauvreté, violence, lo­gement social, etc.), et ce, tout en respectant la volonté des ci­toyennes et des citoyens…

 

 

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