Bacs roulants à la Ville
Le mois de septembre annonce le retour des élus sur la scène municipale. J’aimerais revenir sur un article paru le 22 juin dernier dans La Tribune concernant la saga pour l’acquisition des bacs roulants à Sherbrooke. Il me semble important d’apporter quelques clarifications sur le processus d’appel d’offres de la Ville de Sherbrooke.
Celle-ci a d’abord procédé à deux appels d’offres dits restrictifs pour l’acquisition de 47 000 bacs roulants. Ces devis faisaient en sorte qu’une seule entreprise nommée dans le devis, avec un seul produit, pouvait soumissionner pour un appel d’offres de plus de 2,7 millions $, alors qu’une firme sherbrookoise, Nova Envirocom, offre le même produit. Après de nombreux appels, rencontres et échanges de documents, la Ville accepte de modifier un seul de ses deux devis, et ce, même si les deux devis en question demandent exactement le même produit, mais de couleurs différentes.
Le nouveau devis modifié crée toutefois deux catégories de bacs et ajoute de nouvelles conditions, qui étaient inexistantes dans le premier devis, et ce, pour le même produit. Après avoir informé la Ville que ce nouveau devis était tout aussi inéquitable et que certaines clauses (à peu près jamais vues dans tout le Québec) rendaient notre soumission potentiellement non conforme, on m’invita à soumissionner puisque ces clauses n’étaient apparemment pas vraiment essentielles.
Un, deux, trois devis
Nova Envirocom a donc soumissionné de bonne foi sur ce 3e devis et gagné celui-ci dans l’option achat, avec plus de 5 $ pour la première année et 3,20 $ au cumulatif de différence de moins par bac, pour un produit de qualité égale à celui du compétiteur, ce qui est énorme comme différence dans les soumissions en général.
À la suite de cette ouverture de soumissions publiques, la Ville nous annonce par téléphone que notre soumission est non conforme à cause de ces nouvelles clauses : le bac doit résister à des vents de 80 km/h, du jamais vu, et l’entreprise doit posséder une expertise de plus de cinq ans et 10 000 bacs dans la distribution de bacs roulants. Or, la Ville possède depuis trois ans des centaines de bacs roulants de Nova Envirocom. Pourquoi avoir demandé aux Services techniques de modifier un devis pour permettre à d’autres entreprises de soumissionner si c’est pour rédiger un nouveau devis qui les rend tout aussi non conformes ? Ce n’est qu’après avoir constaté que Nova Envirocom avait gagné cette soumission d’achat que la Ville a annoncé qu’elle retournait en soumission avec un 4e devis.
Passer son tour
Nous venions de nous battre, de dépenser temps et argent pour avoir la possibilité de soumissionner, ici chez-nous, sur l’un des deux devis, et on nous annonce qu’il fallait, recommencer ! Désabusé et après consultation avec notre personnel qui avait été monopolisé pour cette soumission, nous avons convenu de refuser de soumissionner de nouveau sur ce 4e devis, car il nous était évident que nous perdions notre temps.
Nous n’avons d’ailleurs reçu aucune information ni document ni résultats concernant ce dernier appel d’offres pour lequel on nous accuse de n’avoir pas soumissionné et le fournisseur retenu a dépassé de six à huit semaines les délais prévus au contrat sans que la Ville ne se prévale de la clause de pénalité de retard alors qu’elle avait cru bon refuser notre soumission plus basse, prétextant notre incapacité à livrer ces même bacs.
[…] Aucune entreprise sherbrookoise et estrienne ne devrait avoir à se battre pour avoir le droit de soumissionner avec des produits de qualité comparable. Contrairement à la déclaration du maire Jean Perrault, dans La Tribune : « …il a eu sa chance… », cela ne devrait pas être une chance ou un privilège de soumissionner chez soi mais un droit enchâssé dans une politique claire. […]
Ombudsman
J’espère que cette fois on ne tirera pas encore sur le messager et que nos élus vérifieront les faits en demandant toute la documentation et les résultats de ces appels d’offres […]
À la lumière de ces événements, je réitère mes demandes : que soit nommé un ombudsman pour répondre aux plaintes des entreprises et citoyens ; que soit mise en place une véritable politique d’achat, basée sur des règles d’éthique et d’imputabilité ; que cette politique fasse l’objet d’une consultation publique ; que le vérificateur de la ville se penche sur les processus d’appel d’offres ; que les instances régionales se prononcent sur cette politique d’achat outils à forte incidence régionale.
Entre temps, votre projet d’uniformisation aura coûté plus de 300 000 $ à l’économie locale.
En terminant, quand on dit une demi-vérité, on fait aussi un demi-mensonge. Et si l’image est importante, la vérité elle, est essentielle en démocratie.




