Les partys de financement en danger

15 octobre 1986

Les permis temporaires d’alcool permettent aux associations et organismes à but non-lucratif de s’amasser des fonds pour leurs activités. L’association des hôteliers et autres détenteurs de permis d’al­cool de l’Estrie soutient qu’ils servent souvent à opérer illégale­ment des boîtes de nuit. Cette association a porté une plainte formelle auprès de la Régie des permis d’alcool du Québec pour obtenir des modifications à la loi actuelle et une application plus rigoureuse de celle-ci.

Les demandes de l’association des hôteliers visent à réduire l’émission des permis tempo­raires ce qui pourrait compro­mettre, d’une certaine manière, la survie de certains organismes qui vivent de ces activités. Ce n’est toutefois pas la volonté première de l’association, qui voudrait restreindre ces partys, plutôt que de les taire dispa­raître. Lors de l’audition, qui a eu lieu le lundi 8 septembre dernier à l’Université de Sher­brooke, le représentant de l’as­sociation a décrit les différentes entraves qui ont pu être faites à la loi et qui rendent la compéti­tion déloyale face aux détenteurs de bars. C’est particulièrement face à ces entraves, qui permet­tent la vente de bière à prix très bas, et aux différences entre la loi des permis temporaires et celle des permis permanents que s’en prend l’association.

Bien que les témoignages sou­tenus durant l’audition n’accu­saient pas particulièrement le cégep et l’Université, ce sont les partys tenus dans ces établisse­ments qui soulèvent l’intérêt. En effet, ces soirées rapportent de fortes sommes aux associations organisatrices, les associations de finissant-e-s, et font l’envie des hôteliers de la ville. Comme, en général, ces soirées se font dans l’ordre et la légalité, il semblerait que les détenteurs de permis permanents soient prêts à restreindre l’ensemble des per­mis temporaires pour arriver à réduire le nombre de ceux émis pour ces établissements et qui visent leur public spécifique.

Suite aux témoignages enten­dus à la première audition, le président de la Régie des permis d’alcool a considéré qu’il devait y avoir enquête. Une nouvelle audition aura donc lieu le 7 octobre prochain, toujours à l’U­niversité de Sherbrooke, où se­ront entendues, cette fois, les associations organisatrices des partys.

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