Afrique du Sud, Iran, Malaisie et bien d’autres. Tous ces pays ont pour nous une chose en commun. Ils représentent l’inconnu, une vie où les valeurs et les mœurs sont diamétralement différentes des nôtres. Bref, on parle souvent d’un choc culturel. Nul besoin de se déplacer bien loin pour connaître cette expérience, je l’ai d’ailleurs appris à mes dépens.
Le slogan « Sherbrooke plus qu’une ville », a peut-être sa raison d’être, sa vérité. Des frontières il n’y en a pas qu’entre nations, elles sont bien réelles dans notre ville. Il n’y a pas d’homme en uniforme, pas de barrière. Ici, on reconnaît les frontières par une délimitation géographique, en employant un euphémisme (expression qui a pour but de remplacer un mot pour un autre en l’atténuant) : « QUARTIER pour FRONTIÈRE ».
À l’heure du libre-échange, on parle d’enlever les barrières commerciales ‘entre les États-Unis et le Canada. Avant d’entreprendre de telles démarches, ne serait-il pas préférable de faire du libre-échange humain, ici’ ? Peu de gens sont au courant de la vie sociale. culturelle et économique que tel ou tel quartier vit. Peu de Sherbrookois-es s’en soucient vraiment. Est-il possible qu’il en soit autrement ?
Sherbrooke a une mauvaise réputation. L’atmosphère est froide, les préjugés sont forts entre les différentes couches sociales. On nous enseigne à percevoir les gens de telle ou telle façon. L’influence du milieu dans lequel on vit n’est pas étrangère à ce phénomène. En voici un exemple. Si vous vivez dans le quartier Nord, vous aurez tendance à étiqueter les gens du Sud comme des « buveux de bière », des paresseux, des gens sur le bien-être social. Les gens du Sud ont tendance à croire que tous ceux vivant dans le Nord sont riches. Ils les voient souvent comme des matérialistes, des « baise la piastre », des grippe-sou.
La communauté sherbrookoise souffre-t-elle d’une crise aiguë de snobisme ? Sherbrooke doit faire ses preuves. On doit accéder à un certain libre-échange communautaire. Il n’y aura pas de politicien, pas d’enjeu monétaire, pas de prestige international. Maintenant, il est à se demander jusqu’à quel point sommes-nous plus qu’une ville !


