Transport en commun
Au cours des dix dernières années, une hausse de plus de 35 % a sévi dans le transport en commun. C’est un des rares services essentiels pour lequel la personne utilisatrice défraie directement. Le Comité des utilisateurs et utilisatrices du transport en commun de la région de Sherbrooke (CUTS), a toujours fait part de son profond désaccord des hausses de tarifs. La question du financement a été préoccupante et l’absence d’engagement de nos gouvernements a été dénoncée à maintes reprises. Au cours des dix prochaines années, les besoins en matière de transport en commun dépasseront les cinq milliards pour le maintien des installations actuelles et le développement des services.
Est-ce un enjeu politique incontournable, le transport en commun ? On a qu’à penser à la Une du quotidien La Tribune du 18 juin dernier où l’on soulevait la question de la gratuité pour l’ensemble de la population sherbrookoise. Les 22,5 millions prévus d’ici 2010 par le gouvernement fédéral, la surtaxe sur les grosses cylindrées du gouvernement québécois et les millions supplémentaires prévus d’ici 2007 en vertu des modifications apportées au budget fédéral par Jack Layton du Nouveau parti démocratique (NPD) et spécifiques au transport en commun, nous interpellent directement.
Un service qui roule
Les mesures éventuelles pour inciter les gens au bienfait du transport en commun seront de la responsabilité de nos élu-e-s. Actuellement, la porte-parole du Bloc québécois (BQ), en matière de transport, Caroline St-Hilaire, a déposé en mai le projet de loi C-306, modifiant la loi de l’impôt sur le revenu (frais de transport en commun). Cette mesure vise essentiellement à offrir aux contribuables québécois et canadiens une déduction fiscale pour l’achat de laissez-passer afin de les inciter à utiliser davantage les différents modes de transport collectif. Par ailleurs, à la rencontre du 21 juin, la Société de transport Sherbrooke (STS) et plusieurs partenaires ont abordé ensemble des points à promouvoir dans le nouveau plan de la STS. L’efficacité du service, tant au niveau du territoire ou des heures, a une influence directe sur l’utilisation et il demeure essentiel de l’adapter en conséquence, et ce, pour tous et chacun.
Pensons seulement qu’un autobus plein remplace en moyenne 45 voitures ; ce qui réduit de façon considérable la pollution de l’air de même que la congestion routière. Environ la moitié des gaz à effet de serre proviennent des émissions des véhicules motorisés. La population joue un rôle décisif dans la réduction de ces émissions en choisissant de se déplacer autrement. De récentes études ont démontré un lien entre les émissions polluantes et l’apparition de cancers et de maladies cardio-vasculaires.
Monter à bord…
Prendre l’autobus a ses bons côtés. On peut lire le journal, faire un somme ou travailler sur son portable tout en laissant à d’autres le soin de prendre le volant. En moyenne, faire chaque jour l’aller-retour au travail en voiture coûte 9,53 $ par année ou 52,9 cents du kilomètre (moyenne nationale 2003 à raison de 18 000 km par année, Association canadienne des automobilistes). Il est évalué que les émissions résultant des transports coûteront entre 11 et 38 milliards en matière de santé publique entre 1997 et 2020 (Transports Canada). S’il y a moins de voitures sur les routes, moins de routes et de stationnements seront nécessaires et il y aura une économie des fonds publics par rapport aux coûts reliés à la construction et à l’entretien de nos « tontes.
… vers la gratuité
La gratuité sera-t-elle possible ? Le CUTS y croit. La volonté politique de trouver des solutions innovatrices n’est pas utopique. Dans notre mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique de la STS en mai 2003, le CUTS réitérait plusieurs recommandations présentées à la consultation sur le cadre financier du transport en commun au Québec. Nous adhérons au principe du pollueur-payeur et encourageons fortement la STS et la Ville de Sherbrooke à faire des pressions auprès des instances concernées.
Une hausse de la contribution des utilisateurs et utilisatrices ne devrait pas être envisagée car leur capacité de payer a atteint un plafond. C’est autour des élu-e-s de prendre en compte une vision à long terme. Développez des services de transport public adéquats pour aider la population à vivre selon le principe que chacun doit pouvoir avoir accès à son emploi, à l’éducation et aux loisirs tout en respectant la qualité de l’environnement est loin d’être irréalisable.




