Coupures dans les bibliothèques, fermeture de programmes tels les départements de philosophie, d’études anglaises, le certificat en langues modernes et la faculté de théologie, décontingentement massif, aménagement de 50 % de l’argent généré par la population étudiante additionnelle versé au service de la dette, bref, perte de ressources, augmentation des effectifs étudiants constituent le projet de rationalisation financière mis de l’avant par le conseil exécutif de l’Université de Sherbrooke.
C’est dans une conjoncture où les acquis du mouvement étudiant, de même que les acquis de l’ensemble des organisations progressistes sont remis en question, que le conseil d’administration de l’Université de Sherbrooke décidait fin février de prendre une position, qui semble, au premier abord, bien anodine : atteindre l’équilibre budgétaire. Les implications d’une telle position allaient très bientôt sauter aux yeux du mouvement étudiant. Car sous le fantasme de l’équilibre budgétaire, caressé par les différentes directions universitaires depuis plus de dix ans, on cachait des projets beaucoup moins avouables,
La fonction « Universalis » de l’institution universitaire, ce pôle primordial permettant à notre société d’évoluer dans tous les secteurs d’études, que ce soit la philosophie, la science, l’éducation, est remise en question par les coupures envisagées par le Recteur et ses complices. De plus les restrictions prévues auraient pour effet immédiat de provoquer une baisse de la qualité de l’éducation. Les conditions physiques dans lesquelles sont dispensées les cours sont appelées à se détériorer. Concrètement, nous serons encore plus par cours, et les pédagogues disposeront de moins de ressources (photocopies par exemple) pour dispenser les cours. De plus, des prélèvements de plus de 3 % seront opérés à même les budgets des facultés.
C’est pour ne pas voir l’Université devenir une grande école technique, une mécanique surspécialisée où les sciences humaines ne trouveront plus leur place, que les étudiantes et étudiants de l’Université se sont mobilisé-e-s. En refusant de calculer la rentabilité des programmes en termes de revenus et de dépenses, en envisageant l’utilité sociale de l’ensemble des programmes, elles et ils posent les bases d’une unité, d’une solidarité, en même temps que s’effectue une réflexion sur la société et le système d’éducation.
Ce n’est pas en administrant l’Université en fonction de combler un déficit astronomique par rapport aux possibilités d’accueil et de rentabilisation de l’Université que la question de son financement pourra se régler. Les compressions budgétaires imposées aux universités par le gouvernement en 81 sont en grande partie responsables du déficit de l’Université. C’est en se tenant debout devant le gouvernement à l’instar des étudiantes et étudiants que nous réglerons cette question.




