A propos du travail des femmes au Québec

1 mai 1999

Le marché de l’emploi

A propos du travail des femmes au Québec

Depuis les débuts de la colonie, les femmes ont toujours assumé des taches indispensa­bles au fonctionnement de la société : elles ont travaillé la terre, dirigé des écoles et pris la relève dans les usines en temps de guerre. Il aura fallu attendre les années 70 pour qu’elles accèdent en grand nombre à des postes rémunérés.

Les données récentes sur la main-d’œuvre peuvent lais­ser croire que les femmes jouent un rôle grandissant sur le marché de l’emploi, mais tel n’est pas le cas (voir en­cadré). Et que dire du travail autonome, du télétravail et des contrats temporaires, qui s’avèrent pour nombre de femmes l’unique moyen d’ac­céder au marché de l’emploi ? Contrairement aux salariés, les travailleuses à statut pré­caire peuvent difficilement imaginer l’état de leur compte en banque, soit dans un mois, soit dans un an.

Conciliation, travail-famille

Quant à la conciliation tra­vail-famille, il y a encore bien des chances que ce soit la femme, qu’elle soit avocate ou infirmière, qui surveille les devoirs des enfants le soir, tout en préparant le souper.

Par ailleurs, que deviendraient les écoles, les municipalités et les hôpitaux s’ils perdaient tout à coup, leurs bénévoles ? Ces bénévoles, pour la plu­part des femmes, complètent-elles les services publics ou les remplacent-ils et, seront-elles désignées d’office au poste d’aidantes naturelles ?

Pour de nombreuses femmes, l’économie sociale représen­te un moyen privilégié de concilier développement éco­nomique et social. Comme nouveau type d’organisation du travail, l’économie sociale contribue certainement à va­loriser le travail de certaines d’entre elles et à les aider à sortir de la pauvreté.

Si de nombreuses femmes ont vu leurs conditions de tra­vail s’améliorer avec la syn­dicalisation massive, qui ac­compagnait la croissance de la fonction publique au Qué­bec, aujourd’hui elles subis­sent les contrecoups de la transformation des différents types d’emplois. Les postes syndiqués offrant permanen­ce, sécurité ainsi que rémuné­ration avantageuse se font de plus en plus rares.

Lorsque viendra l’heure de la retraite…

Quand l’heure de la retraite sonne, certaines s’étonnent de la minceur de leur porte­feuille. Engagées dans la vie familiale, nombreuses ont-elles été à mettre de côté leur vie professionnelle. Et pour d’autres, des emplois peu ré­munérés ne leur ont pas per­mis d’accumuler un capital valable pour leurs vieux jours et celles qui comptaient sur un conjoint mieux nanti, ont parfois déchanté après un di­vorce, une perte d’emploi ou une maladie.

Dans la Déclaration univer­selle des droits de l’homme, on peut lire : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satis­faisantes de travail et à la pro­tection contre le chômage ».

Cinquante ans après, les fem­mes ont acquis le droit au tra­vail, mais dans quelles condi­tions l’exercent-elles ? Com­ment doit-on interpréter l’ar­ticle qui affirme que « toute personne a droit au repos et aux loisirs, et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques » si l’on pense au travail invi­sible des femmes ?

Source : Extrait et adaptation du Guide d’animation 8 mars 1998, Visible ou invisible, lumière sur le travail des femmes, Conseil du statut de la femme.

QUELQUES DONNÉES EN 1995

Taux d’activité féminin : 45 % Taux d’activité masculin : 70 %
Le quart de la main-d’œuvre féminine travaille à temps partiel
82 % des travailleuses se concentrent dans six professions
Pour un dollar gagné par les hommes, les travailleuses à temps plein reçoivent 0,746 $

 

 

 

 

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