Le marché de l’emploi
A propos du travail des femmes au Québec
Depuis les débuts de la colonie, les femmes ont toujours assumé des taches indispensables au fonctionnement de la société : elles ont travaillé la terre, dirigé des écoles et pris la relève dans les usines en temps de guerre. Il aura fallu attendre les années 70 pour qu’elles accèdent en grand nombre à des postes rémunérés.
Les données récentes sur la main-d’œuvre peuvent laisser croire que les femmes jouent un rôle grandissant sur le marché de l’emploi, mais tel n’est pas le cas (voir encadré). Et que dire du travail autonome, du télétravail et des contrats temporaires, qui s’avèrent pour nombre de femmes l’unique moyen d’accéder au marché de l’emploi ? Contrairement aux salariés, les travailleuses à statut précaire peuvent difficilement imaginer l’état de leur compte en banque, soit dans un mois, soit dans un an.
Conciliation, travail-famille
Quant à la conciliation travail-famille, il y a encore bien des chances que ce soit la femme, qu’elle soit avocate ou infirmière, qui surveille les devoirs des enfants le soir, tout en préparant le souper.
Par ailleurs, que deviendraient les écoles, les municipalités et les hôpitaux s’ils perdaient tout à coup, leurs bénévoles ? Ces bénévoles, pour la plupart des femmes, complètent-elles les services publics ou les remplacent-ils et, seront-elles désignées d’office au poste d’aidantes naturelles ?
Pour de nombreuses femmes, l’économie sociale représente un moyen privilégié de concilier développement économique et social. Comme nouveau type d’organisation du travail, l’économie sociale contribue certainement à valoriser le travail de certaines d’entre elles et à les aider à sortir de la pauvreté.
Si de nombreuses femmes ont vu leurs conditions de travail s’améliorer avec la syndicalisation massive, qui accompagnait la croissance de la fonction publique au Québec, aujourd’hui elles subissent les contrecoups de la transformation des différents types d’emplois. Les postes syndiqués offrant permanence, sécurité ainsi que rémunération avantageuse se font de plus en plus rares.
Lorsque viendra l’heure de la retraite…
Quand l’heure de la retraite sonne, certaines s’étonnent de la minceur de leur portefeuille. Engagées dans la vie familiale, nombreuses ont-elles été à mettre de côté leur vie professionnelle. Et pour d’autres, des emplois peu rémunérés ne leur ont pas permis d’accumuler un capital valable pour leurs vieux jours et celles qui comptaient sur un conjoint mieux nanti, ont parfois déchanté après un divorce, une perte d’emploi ou une maladie.
Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, on peut lire : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ».
Cinquante ans après, les femmes ont acquis le droit au travail, mais dans quelles conditions l’exercent-elles ? Comment doit-on interpréter l’article qui affirme que « toute personne a droit au repos et aux loisirs, et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques » si l’on pense au travail invisible des femmes ?
Source : Extrait et adaptation du Guide d’animation 8 mars 1998, Visible ou invisible, lumière sur le travail des femmes, Conseil du statut de la femme.
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QUELQUES DONNÉES EN 1995 |
| Taux d’activité féminin : 45 % Taux d’activité masculin : 70 % |
| Le quart de la main-d’œuvre féminine travaille à temps partiel |
| 82 % des travailleuses se concentrent dans six professions |
| Pour un dollar gagné par les hommes, les travailleuses à temps plein reçoivent 0,746 $ |


