En réponse au Plan d’action du ministère de la Santé et des Services sociaux à l’égard de la gestion de la présence au travail, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN en Estrie interpellait dernièrement les directions d’établissements sur l’aggravation des problèmes de santé du personnel. La FSSS-Estrie représente plus de 5 000 membres dont plus de 80 % sont des femmes. Les nombreux changements et les compressions budgétaires dont a souffert le réseau de la santé ces dernières années témoignent de la détérioration de leur condition physique et psychologique.
Les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux ont recours à l’assurance salaire de plus en plus souvent. L’ Estrie ne fait pas exception. Entre 1997 et 2000, les absences pour maladie ont augmenté de 30,8 % et il faut noter que les causes premières des invalidités sont de nature psychologique. Le ratio en assurance salaire estrien est plus élevé que la moyenne provinciale.
En Estrie, la Fédération est très préoccupée par cette situation et elle attendait depuis longtemps la sortie du Plan d’action ministériel à l’égard de la gestion de la présence au travail.
Cap sur la répression !
Malheureusement, elle doit constater que ce plan d’action garde le cap sur la répression ! Les contrôles administratifs sont à l’honneur et se reflète déjà de façon concrète dans les milieux de travail.
Les techniques de gestion médicale et administrative qui visent, entre autres, à retourner les gens au travail sans guérison complète, soutenus par les antidépresseurs, est un autre élément qui fait craindre le pire pour les travailleuses et les travailleurs sans oublier que les congédiements administratifs se répandent en Estrie. Le rapport du ministère mentionne que l’organisation du travail doit faire partie du plan d’action, mais sur le terrain, la FSSS-Estrie constate que cet aspect reste lettre morte.
La FSSS-Estrie rappelle que la hausse des invalidités chez les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux s’explique en grand partie par les nombreuses transformations et compressions budgétaires qu’a connues le réseau et du désordre qui a suivi et qui n’est toujours pas résorbé.
Retour à la prévention !
Il faut agir à la source et la solution se trouve dans l’organisation du travail qui doit changer en tenant compte des travailleuses et travailleurs afin de donner du sens à leur travail, qui faut-il le rappeler sont à la base des services que donnent les établissements. La FSSS-Estrie a déjà commencé une campagne de sensibilisation et de formation auprès de ses membres et elle souhaite que les dirigeantes et dirigeants d’établissements prennent également la route de la prévention pour diminuer les invalidités au travail au lieu d’utiliser leurs énergies à réprimer.
Le 15 février dernier, les directions des CLSC, des Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD), des hôpitaux, des centres de réadaptation et du Centre jeunesse se sont rencontrés et il serait opportun qu’ils mettent à l’ordre du jour la question de la santé psychologique des travailleuses et des travailleurs dans les organisations.



