Au diable la pauvreté !

1 juin 2007

Voilà que Statistique Canada (que l’on peut difficilement qualifié de « gauchiste ») nous apprenait au début du mois de mai que l’écart entre les riches et les pauvres se creuse sans arrêt. Eh oui, quand c’est un organisme gouvernemental qui le dit, c’est probablement plus crédible que quand ce sont les gauchistes des mouvements sociaux

Selon son étude, en comparant les revenus nets des familles de 1989 à 2001, les revenus du 10 % des. familles les plus fortunées se sont accrus de 22 % contre une diminution de 11 % des reve­nus pour le 10 % des familles les plus pauvres. Un des constats de cette étude est que la capacité du système fiscal à redistribuer efficacement la richesse était plus grande dans les années 1920 (La Presse, 12 mai 2007). En bref, les baisses d’impôts successi­ves depuis une vingtaine d’années accompagnées de coupures importantes dans les programmes sociaux ont largement contri­bué à creuser le fossé entre les riches et les pauvres au Canada et au Québec.

Du côté des programmes sociaux…

À l’aide sociale, le gel et les faibles augmentations des prestations d’aide sociale depuis une vingtaine d’années, appliqués par le gouvernement en place (tant péquiste que libéral) ont eu l’effet de diminuer de plus de 30 % le pouvoir d’achat de ces personnes. Par exemple, la dernière augmentation des prestations des per­sonnes aptes au travail a été de seulement 50 % du taux d’infla­tion ! Du côté de l’assurance-chômage (oups, assurance-emploi…), le vol de la caisse sur le do des travailleurs et des travailleuses (plus de 55 MILLIARDS !) s’est fait cruellement sentir, entre autres, par la baisse du taux de prestation et du nombre de semaines assurables.

Nous ne le dirons jamais assez, la pauvreté frappe aussi de plein fouet plusieurs segments de la population : des milliers de tra­vailleurs (et surtout travailleuses) au salaire minimum (ou à quelques sous au-dessus..,), des milliers de personnes aînées, des accidentés et accidentées du, travail, etc.

Du côté de l’impôt..

Les impôts n’ont pas cessé de diminuer depuis 1980. Par exem­ple, au Québec, la table de calcul de l’impôt contenait dix paliers et le plus élevé était fixé à 33 %. Maintenant, il n’y a plus que trois paliers et le plus élevé est de 24 %. Comprenons-nous bien, nous ne sommes pas contre toutes baisses d’impôts. Cependant, nous constatons que celles-ci bénéficient généralement davantage aux plus riches de la société. On nous rabat les oreilles avec le fait que l’État n’a plus d’argent pour remplir ses obligations tout en baissant les impôts. Et que dire des trop nombreuses bigs compagnies qui paient peu ou pas du tout d’impôts ! Pistes de solution : coupures, privatisation, sous-traitance, etc.

Pendant ce temps à l’Assemblée nationale…

À la fin mai et au début juin, nous avons assisté à une véritable parodie d’un débat sur le budget du Québec, principalement autour de la question des baisses d’impôts. Le PQ s’opposait aux baissés d’impôts proposées par le gouvernement Charest. Pourtant, avant de perdre le pouvoir en 2003, le PQ avait diminué de 15 MILLIARDS les impôts, et ce, juste après avoir coupé de façon drastique dans les programmes sociaux ! Mais ce qui est désolant dans cette parodie, c’est qu’aucun des trois partis présents à l’Assemblée nationale n’a soulevé la question de la nécessité de la lutte à la pauvreté. Pourtant, ces partis ont voté UNANIMEMENT la Loi sur l’élimination de la pauvreté ! Bref, la préoccupation de diminuer l’écart (par le biais de l’impôt) entre les plus riches et les plus pauvres était carrément absente ?

C’est à nous de faire pression pour que ces partis nous entendent et nous écoutent D’ailleurs, les différents sondages ne démontraient-ils pas que la population s’opposait à 70 % aux baisses d’impôts et préférait un réinvestissement dans les programmes sociaux ? Pourquoi faire la sourde oreille alors ?

 

 

 

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