Au Pont de bois

1 avril 2002

Du travail bien fait

Vous aimez les meubles faits à la main, les belles armoires en pin ou autre… Eh bien ! Faites un détour par la rue Alexandre et vous serez comblé. Rendez-vous au Pont de bois. Lancé en mars 1999, il a permis à plus de 72 jeunes, filles et garçons, d’acquérir des compétences en ébé­nisterie, et ce, dans le but de rejoindre le marché du travail.

Ce projet est né d’une initia­tive de l’organisme Le Pont, connu et reconnu en Estrie depuis 15 ans pour son impli­cation et son expertise auprès des jeunes, notamment en matière de lutte au décro­chage scolaire et d’insertion socioprofessionnelle. Le Pont de bois s’adresse aux jeunes adultes, âgés entre 18 et 30 ans.

Savoir-être et savoir-faire

Sa mission consiste à amélio­rer 1 ’employabilité de jeunes adultes qui vivent ou qui ont vécu des difficultés person­nelles et/ou professionnelles et ainsi faciliter leur intégra­tion au marché du travail plus spécifiquement dans le do­maine de l’ébénisterie et du bois ouvré.

Les jeunes, au nombre de 36 par an, à raison de 18 à la fois et sur une période de 26 semaines (780 heures) vien­nent y acquérir une attesta­tion de capacités profession­nelles. En collaboration avec le Centre St-Michel, la for­mation s’attache à deux aspects. Le premier porte sur l’acquisition de compétences génériques qui comprennent la connaissance de soi, la communication au travail, le travail d’équipe, la connais­sance du marché du travail, la préparation à la recherche et au maintien en emploi, etc.

Le second s’intéresse à l’ac­quisition de compétences techniques en lien avec le domaine de l’ébénisterie et qui sont la connaissance des règles de sécurité, l’initiation à différents procédés de fabrication ou de restauration de meubles, l’utilisation de la machinerie et des équipe­ments, le suivi des consignes de production, le calcul des aires et des surfaces, la lec­ture des plans et devis, etc. Le tout se déroule dans un cadre de travail qui cherche à ren­dre conforme la réalité.

Les résultats

Depuis son entrée en vigueur, le taux de placement en entre­prise des participants et parti­cipantes à leur sortie du Pont de bois se maintient à plus de 95 %. Tandis que le taux de maintien en emploi est de plus de 80 %. (Selon le Collectif des entreprises d’in­sertion du Québec, la moyenne statistique de pla­cement des entreprises du genre au Québec est d’envi­ron 69 %…)

Et cela, grâce à un personnel d’encadrement constitué d’une formatrice en employa­bilité et de deux formateurs en ébénisterie. Viennent com­pléter l’équipe une personne chargée du secrétariat, des ventes et de l’accueil et une autre de la direction. Un conseil d’administration s’as­sure de la visibilité et de la saine gestion du Pont de bois. Soulignons que c’est grâce au Fonds de lutte contre la pauvreté, au Fonds d’écono­mie sociale de la SDÉRES-CLD et Emploi Québec que l’entreprise a vu le jour. Souhaitons-lui, longue vie.

Esther Marin
Directrice, Au Pont de bois
161-A, Alexandre, Sherbrooke
Téléphone : (819) 563-5216

 

ENTRÉE LIBRE a rencontré pour vous un jeune adulte, Yannick Vallières, qui terminera sous peu une formation au Pont de bois.

C’EST À 18 ANS QUE YANNICK a quitté les études, après seulement deux semaines en sciences humaines au Cégep de Sherbrooke. Depuis, il a traversé bien des routes avant de s’ancrer au Pont de bois. Plus que huit ans ans, dira-t-il. Mais des routes, il en aura vues : Europe, États-Unis, Ouest canadien. Puis retour dans sa ville natale où il rejoint le milieu punk; musicien, il épouse leur musique. Les années s’additionnent, tout comme les emplois : précaires, saisonniers, partiels, durs, à faible rémunération.

C’EST SANS REVENU, mis à part son chèque de B.-S. qu’il atterrit un beau matin au Pont de bois. Des jobs antérieures avaient déjà suscité son intérêt pour le travail manuel et le travail du bois.

YANNICK SE DIT SATISFAIT DE LA FORMATION qu’il a reçue ici. Avec un horaire de 40 heures/semaine, « j’avais l’impression, dira-t-il, de me rendre à une job chaque jour de la semaine. Et puis les efforts en valaient la peine : si tu es motivé, eh bien, les formateurs n’hésitent pas à t’aider, à te supporter. » Au dire de Yannick, chacun et chacune est respecté dans sa façon d’être, c’est-à-dire, que son rythme d’apprentissage est respecté. Tu as peur d’utiliser une machine ? Eh bien, on se reprendra demain. Tu es gauche pour la finition ? Un autre te donnera un coup de pouce. Et ainsi de suite.

YANNICK DÉBUTERA DÈS LA SEMAINE PROCHAINE un emploi dans une petite entreprise de portes d’armoires de cuisines située dans le parc industriel. Il quittera le Bien-être public pour son bien-être personnel. Mais comme il le dit, ce n’est pas pour devenir super riche mais pour mieux vivre en tant que citoyen responsable en réaction au système capitaliste.

Louise Daigle

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