Du travail bien fait
Vous aimez les meubles faits à la main, les belles armoires en pin ou autre… Eh bien ! Faites un détour par la rue Alexandre et vous serez comblé. Rendez-vous au Pont de bois. Lancé en mars 1999, il a permis à plus de 72 jeunes, filles et garçons, d’acquérir des compétences en ébénisterie, et ce, dans le but de rejoindre le marché du travail.
Ce projet est né d’une initiative de l’organisme Le Pont, connu et reconnu en Estrie depuis 15 ans pour son implication et son expertise auprès des jeunes, notamment en matière de lutte au décrochage scolaire et d’insertion socioprofessionnelle. Le Pont de bois s’adresse aux jeunes adultes, âgés entre 18 et 30 ans.
Savoir-être et savoir-faire
Sa mission consiste à améliorer 1 ’employabilité de jeunes adultes qui vivent ou qui ont vécu des difficultés personnelles et/ou professionnelles et ainsi faciliter leur intégration au marché du travail plus spécifiquement dans le domaine de l’ébénisterie et du bois ouvré.
Les jeunes, au nombre de 36 par an, à raison de 18 à la fois et sur une période de 26 semaines (780 heures) viennent y acquérir une attestation de capacités professionnelles. En collaboration avec le Centre St-Michel, la formation s’attache à deux aspects. Le premier porte sur l’acquisition de compétences génériques qui comprennent la connaissance de soi, la communication au travail, le travail d’équipe, la connaissance du marché du travail, la préparation à la recherche et au maintien en emploi, etc.
Le second s’intéresse à l’acquisition de compétences techniques en lien avec le domaine de l’ébénisterie et qui sont la connaissance des règles de sécurité, l’initiation à différents procédés de fabrication ou de restauration de meubles, l’utilisation de la machinerie et des équipements, le suivi des consignes de production, le calcul des aires et des surfaces, la lecture des plans et devis, etc. Le tout se déroule dans un cadre de travail qui cherche à rendre conforme la réalité.
Les résultats
Depuis son entrée en vigueur, le taux de placement en entreprise des participants et participantes à leur sortie du Pont de bois se maintient à plus de 95 %. Tandis que le taux de maintien en emploi est de plus de 80 %. (Selon le Collectif des entreprises d’insertion du Québec, la moyenne statistique de placement des entreprises du genre au Québec est d’environ 69 %…)
Et cela, grâce à un personnel d’encadrement constitué d’une formatrice en employabilité et de deux formateurs en ébénisterie. Viennent compléter l’équipe une personne chargée du secrétariat, des ventes et de l’accueil et une autre de la direction. Un conseil d’administration s’assure de la visibilité et de la saine gestion du Pont de bois. Soulignons que c’est grâce au Fonds de lutte contre la pauvreté, au Fonds d’économie sociale de la SDÉRES-CLD et Emploi Québec que l’entreprise a vu le jour. Souhaitons-lui, longue vie.
Esther Marin
Directrice, Au Pont de bois
161-A, Alexandre, Sherbrooke
Téléphone : (819) 563-5216
ENTRÉE LIBRE a rencontré pour vous un jeune adulte, Yannick Vallières, qui terminera sous peu une formation au Pont de bois.
C’EST À 18 ANS QUE YANNICK a quitté les études, après seulement deux semaines en sciences humaines au Cégep de Sherbrooke. Depuis, il a traversé bien des routes avant de s’ancrer au Pont de bois. Plus que huit ans ans, dira-t-il. Mais des routes, il en aura vues : Europe, États-Unis, Ouest canadien. Puis retour dans sa ville natale où il rejoint le milieu punk; musicien, il épouse leur musique. Les années s’additionnent, tout comme les emplois : précaires, saisonniers, partiels, durs, à faible rémunération.
C’EST SANS REVENU, mis à part son chèque de B.-S. qu’il atterrit un beau matin au Pont de bois. Des jobs antérieures avaient déjà suscité son intérêt pour le travail manuel et le travail du bois.
YANNICK SE DIT SATISFAIT DE LA FORMATION qu’il a reçue ici. Avec un horaire de 40 heures/semaine, « j’avais l’impression, dira-t-il, de me rendre à une job chaque jour de la semaine. Et puis les efforts en valaient la peine : si tu es motivé, eh bien, les formateurs n’hésitent pas à t’aider, à te supporter. » Au dire de Yannick, chacun et chacune est respecté dans sa façon d’être, c’est-à-dire, que son rythme d’apprentissage est respecté. Tu as peur d’utiliser une machine ? Eh bien, on se reprendra demain. Tu es gauche pour la finition ? Un autre te donnera un coup de pouce. Et ainsi de suite.
YANNICK DÉBUTERA DÈS LA SEMAINE PROCHAINE un emploi dans une petite entreprise de portes d’armoires de cuisines située dans le parc industriel. Il quittera le Bien-être public pour son bien-être personnel. Mais comme il le dit, ce n’est pas pour devenir super riche mais pour mieux vivre en tant que citoyen responsable en réaction au système capitaliste.
Louise Daigle



