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1 avril 2003

Savez-vous à quoi servent vos cotisations à l’assurance-chômage ? Vous devriez y porter une attention particulière, car elles ne sont pas toujours utilisées pour les fins prévues à la Loi. En octobre 2002, la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, a dénoncé l’utilisation quasi-illégale de nos cotisations par le gouvernement canadien. Nous lançons aujourd’hui un appel à vous tous et toutes, car il est urgent de contrer un des plus importants détournement de fonds de l’histoire.

En moyenne depuis 1996, il y a eu chaque année des sur­plus de 6 à 7 milliards de dollars. C’est-à-dire que le gouverne­ment a recueilli en cotisations 45 milliards de plus que ce qu’il a versé en prestations. Ces sommes ont été ajoutées aux revenus généraux du gouver­nement et ont donc servi aux dépenses d’autres ministères (le programme de commandi­tes… qui sait ?) et à réduire la dette du pays.

Salarié-e-s : 19 milliards $ Patrons : 26 milliards $

Il ne faut surtout pas perdre de vue l’origine de ces surplus. Depuis 1990, le gou­vernement fédéral ne met plus un sou dans la caisse, ce qui ne l’a pas empêché d’attaquer sauvagement la Loi sur 1 ‘assu­rance-chômage. Quatre réformes lui ont retiré son caractère universel et ont tout à fait déna­turé cette protection sociale, fruit d’importantes luttes ouvriè­res des années 1930. Concrè­tement, l’accessibilité au ré­gime a été considérablement réduite, les prestations versées sont moins élevées et leur durée est de plus en plus courte. Aujourd’hui, à peine 40 % des personnes en chômage accèdent aux presta­tions. Celles-ci touchent seu­lement 55 % de leur salaire pendant en moyenne 22 semaines.

Il est indécent de laisser des personnes victimes de perte d’emploi sans aucune protection financière alors que la caisse accumule de tels sur­plus. Il est temps d’unir nos voix afin de faire comprendre au gouvernement qu’il doit faire marche-arrière et bonifier l’assurance-chômage afin de lui redonner son caractère universel.

Ça concerne tout le monde

Nous interpellons à la fois les employeurs et les employé­e-s, car nous sommes tous victimes de cette aberration. D’une part, des individus et des familles s’appauvrissent, d’autre part, les employeurs subissent les répercussions de la baisse du pouvoir d’achat de la population. Dans certaines régions, comme Charlevoix, la situation est critique et l’écono­mie est en péril. Même le Président américain considère une bonification de l’assu­rance-chômage comme un im­portant levier de la relance éco­nomique. (Discours de Bush le 7 janvier 2003 à Chicago)

Que ce soit pour des rai­sons économiques ou par res­pect de la dignité humaine, nous devons unir nos voix afin que les victimes du chômage puis­sent bénéficier de cette pro­tection le temps de se retrouver un emploi. Nous considérons discriminatoire les normes d’ad­missibilité qui actuellement varient d’une région à l’autre. L’universalité requiert la mise en place d’un critère unique d’admissibilité. Il faut prolon­ger la durée de la période couverte afin de protéger les employé-e-s œuvrant dans une industrie saisonnière. 11 faut aussi majorer le montant des prestations et dans ce sens, un retour au pourcentage en place avant les coupures des années 1990 devrait être la première étape. Afin de répon­dre aux besoins criants de la population, nous exigeons : un critère unique d’admissibilité à 350 heures ; un minimum de 35 semaines de prestations ; un taux de prestations majoré à au moins 60 % du salaire. Vous devez discuter de ces revendi­cations avec vos proches, vos camarades de travail, vos regroupements sectoriels (syn­dicats, chambres de com­merce, etc…). Peu importe votre point de vue, il faut débattre de cette question. De grandes assemblées publiques seront organisées dans les pro­chains mois, en Estrie et ail­leurs au Québec. Y participer sera un devoir collectif ! ! !

 

Manon Brandie, Denis Poudrier, Alain Ouellette, Suzanne Labbé, Denis Fourgues et Marcel Pinard. Membres du comité « assurance-chômage » de Solidarité Populaire Estrie. 11 février 2003.

Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke

 

 

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