Logements sociaux : hier, aujourd’hui, demain
Dans notre société actuelle, le logement est reconnu comme un droit essentiel. Fort de cela, dans quelle mesure alors et envers qui la société est-elle redevable ? En premier lieu, elle se doit de répondre aux besoins fondamentaux des gens à revenu modeste dont le coût du loyer prend plus de la moitié de leur gain mensuel. À Sherbrooke, il existe un parc de logements sociaux. Cependant, la demande est grande et ne peut satisfaire aux besoins présents. L’avenir reste incertain pour plusieurs et sa problématique demeure entière face aux coupures gouvernementales passées et à avenir.
Qu’est-ce que le logement social ? C’est un droit social. Mais, on peut généralement dire qu’ici les gouvernements ne jurent que par l’entreprise privée pour résoudre les problèmes de logement de la population. Sur le plan du logement social, ceux-ci ont, en fait, privilégié une forme semi-privée, c’est-à-dire l’habitation à loyer modique soit, le Programme de supplément au loyer et la propriété coopérative. Pourtant, ces derniers ne permettent pas une concurrence réelle avec l’entreprise privée, qui contrôle 90 % des logements et qui n’a jamais pu ou n’a pas voulu répondre au besoin en habitation des locataires à faible revenu. Oui manie le miel s’en lèche les doigts…
De son côté, le gouvernement fédéral a orienté, durant des années, son action vers la promotion du droit à l’habitation. Mais, avec le retour du libéralisme économique, le gouvernement fédéral réduit les transferts aux provinces en ce qui concerne les logements sociaux et malgré le fait qu’au Québec la pauvreté touche un ménage sur trois. La charge est donc sur le dos des provinces et villes. En ce moment, la politique du gouvernement fédéral ne permet pas d’en -attendre beaucoup. Mais tout espoir n’est pas perdu. En effet, en octobre 1997, Rémy Trudel, Ministre responsable de l’habitation, lançait le Fonds québécois d’habitation communautaire &Accès Logis(43 millions $) pour 1 325 logements).
Intervenants du milieu
« Présentement, à Sherbrooke, les possibilités répondent pour 25 % des besoins totaux, accentue Bernard Tanguay, conseiller municipal. Je ne crois pas que le gouvernement veuille agir rapidement pour répondre aux besoins dans le domaine des logements sociaux. »
À Sherbrooke, le principal acteur pour le logement social est l’Office municipal d’habitation (OMHS) qui assure la gestion d’environ 1 200 logements sociaux. Il s’agit des programmes d’Habitation à Loyer Modique (HLM) et du Supplément au loyer, lequel est appliqué de manière insuffisante.
« Chaque année, l’OMHS dispose en moyenne de 250 logements niais reçoit 700 cent demandes. Cependant, ce n’est pas possible de toutes les satisfaire. Mais en général, pour les familles avec des enfants, nous pouvons y répondre â l’intérieur d’un an », dit Brigitte Biais, chef du Service à la clientèle de l’Office.
Les coopératives d’habitation font partie du logement social. À ce propos, il faut mentionner que les membres des coopératives ont une subvention semblable aux gens qui vivent dans les HLM. Comment trouve-t-on la réforme de l’aide gouvernementale en habitation dans ce milieu ? Jacques Côté, directeur général de la Coopérative d’habitation des Cantons de l’Est répond : « Beaucoup de membres de la coopérative vivent de la sécurité du revenu, et les coupures ont été fortement ressenties. Tout le monde a perdu et les gens sont plus pauvres que voilà deux ans. »
Et l’avenir…
À cause d’une insuffisance dans le domaine du logement social, l’Association des locataires de Sherbrooke s’est beaucoup impliquée depuis quelques années. N’oublions pas que notre ville est quatrième sur la liste des villes les plus pauvres au Canada. « Nous avons besoin de combler le manque de quatre mille logements sociaux à Sherbrooke. Aussi, pendant les trois dernières années. nous avons reçu le plus grand nombre de demandes de gens sans travail et de gens âgés. Il faut dire, clairement, qu’il n’y a pas de vision globale pour un changement et pour une répartition plus juste de la richesse », dit Normand Couture, un permanent.
L’allocation-logement (unifiée) est un nouveau programme du gouvernement du Québec qui touche l’amélioration des conditions d’habitation. Est-il si nouveau ? Sûrement, puisque c’est littéralement la répartition de la pauvreté parmi les pauvres (30 % de leur revenus vont au logement) et, que sans autres mesures sociales, ce programme ne peut pas apporter une aide raisonnable. Donc, nous les attendons (ces mesures), sauf que le gouvernement projette la saisie des chèques des personnes assistées sociales, jugées mauvais payeurs en logement. C’est un geste antisocial. Où est la justice pour celui qui est en retard, soit à cause de médicaments qu’il doit payer ou autres dépenses semblables ? À quand le projet de loi qui dira :« Il n’y a plus de personnes pauvres. » Alors. est-ce le temps de mettre la hache dans les programmes sociaux ?




