Revenant d’un séjour de cinq mois au Pérou, j’ai découvert dans un bidonville du pourtour du grand Lima éclaté, un modèle de démocratie incomparable, un Porto Alegre au Pérou : la municipalité de Comas !
En effet, suivant le mouvement des villes s’opposant au modèle néolibéral établi, avec la ville brésilienne de Porto Alegre en tête, Comas a instauré depuis 2003 son budget participatif. Cette notion encore frileuse au Nord existe déjà dans plus de 250 villes d’Amérique latine, et aurait même fait son apparition pour certaines villes dès la fin des années 1980.
Une notion reconnue
Reconnue par différents pays et organismes tels que l’ONU, la notion de budget participatif est une référence de démocratie, de citoyenneté et de qualité de vie. Dans la municipalité de Comas, je me suis familiarisée avec cette notion qui consiste à inclure les citoyens dans le processus de prise de décision dans un rapport de cogestion avec les élus. Les citoyens peuvent donner leur avis sur les projets qu’ils croient importants d’inclure dans le budget municipal, et la gestion municipale se fait alors dans un esprit de travail conjoint des citoyens et des élus dans une perspective d’amélioration de la qualité de vie. Ce processus, m’a tout à fait impressionnée, tant par son fonctionnement administratif que par l’esprit qu’il dégage.
Les réunions, unissant la société civile, les élus et les organisations sociales, sortaient tout droit du modèle de gestion idéal souvent imaginé par les urbanistes, et trop souvent qualifié d’utopique par les administrateurs : un modèle de gestion alliant la science humaine à la science de la gestion. Un nouveau type de gouvernance serait-il né ? Le Sud enseignerait-il finalement ce qu’est la démocratie au Nord ?
Source : C51 informe, automne 2006 – Vol, 10 n° 1



